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Stage Infirmier : Semaine 4 (fin)

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[Stages] publié le 26/07/2014 à 01h09
« Et après votre stage, vous retournez dans votre pays ? » - Une patiente

Dernière semaine de mon stage infirmier, qui vient tout juste de s'achever.. non sans une pointe d'émotion. Pour la peine, je vous ai rédigé un bon billet bien chargé. Et toc !

Avertissement : Cet article a été publié il y a déjà un certain moment.
Il se peut que son contenu ne reflète plus exactement ma pensée actuelle.

Ciao tout le monde !

Voilà, j'ai fini mon stage infirmier ! Depuis le 30 Juin, je suis à l'hôpital et nous voilà déjà vendredi 25 Juillet (voire samedi 26, le temps que je publie l'énorme article à suivre). Mon stage s'est achevé il y a quelques heures, après une dernière semaine riche en petites histoires !
Je n'en dis pas plus car je rédige cette introduction après avoir pondu la totalité du billet et je sais déjà combien il est long...
Bon voyage dans le temps, je vous emmène au week-end dernier ; on se retrouve à l'heure d'aujourd'hui tout à la fin ! Bonne lecture également !

Dernier week-end aux Sables d'Olonne


L'air de rien, ces samedi 19 et dimanche 20 Juillet, j'en suis déjà rendu à mon dernier week-end aux Sables d'Olonne ; mon retour étant prévu dès le départ pour le samedi 26 Juillet à midi. Je pensais que j'aurais plus d'occasions de profiter de la mer, mais je ne suis pas vraiment en vacances ici et le stage m'a finalement demandé pas mal de temps et d'énergie.

Mais impossible de ne pas en profiter quand même, alors la météo et la marée étant de mon côté samedi 19, je me suis rendu à la plage en vélo. L'occasion de prendre quelques couleurs sans doute, de mettre les pieds dans le sable.. et de m'offrir un bon cornet de chichis. Ils me faisaient de l'œil depuis trop longtemps, je n'ai pas résisté !


C'était bien sympa. Mais évidemment, il ne m'a pas été possible de remettre ça le lendemain : dimanche 20, il a plu. Dommage...

Lundi 21 Juillet : premier des derniers jours


Encore une nuit fabuleuse pour amorcer cette semaine dans de bonnes conditions : j'ai dormi trois petites heures. Pourtant, je suis parti à l'hôpital dans une forme olympique ; j'ai rarement pédalé ma première demi-douzaine de kilomètres quotidienne en ayant le sentiment de faire si peu d'efforts.


Mon secret ? Le petit-déj, qui n'a absolument rien de particulier.

La première chose que je fais en arrivant dans le service, c'est vérifier l'agenda dans lequel sont consignées les entrées et les sorties de patients. Un décès de plus ce week-end. Je ne les compte plus. Mais beaucoup de nouvelles entrées ; comme l'avaient annoncé les nombreux départs de vendredi matin. Finalement, je ne connaissais pas grand monde parmi ceux qui étaient présents ce lundi. Alors après, c'est la surprise quand on entre dans une chambre : à quel genre de patient va-t-on avoir à faire cette fois-ci ?

Beaucoup de prises de sang à réaliser ce lundi matin ! Je me suis chargé d'en réaliser trois, ce qui porte mon total de tubes collectés à 21. Ça, je compte. À 4mL le tube, ça fait 84mL, soit.. je ne sais pas, le volume sanguin d'une petite dizaine de hamsters passés au pressoir ? Pardon. Je suis un être horrible pour avoir l'idée de compter comme ça.
Des injections, des glycémies, des prises de constantes.. tout ce dont j'ai l'habitude à présent. Pas d'électrocardiogramme ce lundi !
Et pas mal de gestes plus complexes à observer : le branchement d'une perfusion sur une chambre implantable comme j'en ai déjà vu plusieurs fois, la pose de deux sondes urinaires et la réalisation d'une radiographie pulmonaire directement dans la chambre du patient concerné.

Puis j'ai eu l'occasion de donner son repas à une patiente miraculée. On craignait le pire il y a déjà quelques semaines, et ça fait plusieurs jours qu'elle va de mieux en mieux. Quel plaisir de la voir retrouver des forces et ses esprits à ce point. Certes, ça n'est pas encore mirobolant, et qui sait combien de temps ça durera encore mais parmi tous les décès que je vois survenir, ça fait du bien de voir une petite lueur d'espoir dans les yeux de cette patiente.
« Je ne suis pas encore très vieille vous savez... »
On a discuté d'un peu de tout et de rien, pendant qu'on apportait du sucre et des vitamines à son sang. Ce qu'elle faisait avant, d'où je venais, mes études, de la météo... Entre deux brèves histoires, je piquais un morceau de fruit avec la fourchette avant de la lui donner et elle le mangeait seule. Et moi j'exagère -à peine- mes sourires ou mes expressions grimacées pour qu'elle me mime et sourisse également. Je pense que ça lui a fait plaisir de passer ces quelques minutes.
C'était une manière très agréable de conclure ce service.

Un bon lundi ! J'avais peur de trouver la matinée un peu longue, en craignant un éventuel retour de la fatigue après ma courte nuit, mais finalement, c'est l'une des matinées qui sera passé le plus vite jusque là. Forcément, quand on s'amuse, on voudrait que ça dure plus longtemps !
Pour le fun, j'ajoute que j'ai mangé du lapin au self. Je n'avais pas prévu de faire de la dissection au cours de ce stage, mais j'ai récolté quatre petits reins de lapin et de jolies vertèbres dans mon assiette. On ne mange plus sa viande de la même façon quand on pense anatomie.

L'après-midi, j'ai dormi pour rattraper ma nuit.

Mardi 22 Juillet : urgence !


Ce n'est pas le fait de dormir une bonne partie de l'après-midi lundi qui m'a empêché de dormir, mais je me suis à nouveau couché trop tard.. et je n'ai donc pas dormi bien longtemps. Mais j'avais la même pêche ce mardi matin que la veille.

Ce matin, début de journée un peu inhabituel ; avant d'avoir les transmissions, j'ai commencé par réaliser une prise de sang. Direct, avant 7h, pour ne pas perdre de temps selon la volonté de l'infirmier. Seulement trois tubes, qui portent mon total à 24. Je gère mieux la préparation de ce geste et je n'ai aucun mal à piquer. Pour peu que je trouve une bonne veine, tout se passe bien.
Après ce départ en fanfare, le reste de la matinée a été bien plus tranquille. Pas beaucoup de soins, presque simplement la tournée des constantes, puis à 9h15, il a fallu refaire les transmissions aux internes et au médecin. Je ne l'ai pas dit, mais tous les matins avec les infirmiers, c'est le rituel un peu répétitif avec les transmissions de début de service. Si j'en parle dans le résumé de ce mardi, c'est parce que celles-ci ont été particulièrement longues : au lieu de nous occuper 30 minutes, elles ont duré plus d'une heure... Ça a cassé le rythme.

Seule véritable animation de la journée, vers 11h, quand le patient dont je vous parlais au jour du vendredi 18 Juillet, nous a (ou m'a) fait une grosse frayeur. Lui qui d'ordinaire était très actif, au moins lors de ses moments délirants, a commencé à souffrir de problèmes cardio-pulmonaires (arythmie respiratoire, tachycardie). Pourtant ce matin encore, tout allait bien. Il m'a traité de « lâcheur », sans doute parce que ça faisait trois jours que je ne l'avais pas vu, lui qui comptait sur moi, tout en écrivant des choses sans queue ni tête de travers au dos d'une feuille qu'il possédait.
Mais d'un coup, ça n'allait physiquement plus. Là, j'ai cru que ça allait se passer comme à la télé : les deux infirmiers sont vite sur le coup pour réaliser des prises de sang et des bilans en urgence ou pour installer une perfusion, tandis que moi, je mesure les constantes et réalise à grande vitesse un électrocardiogramme sur ce patient de plus en plus dans les vapes -sans pour autant cesser de divaguer complètement. Mais à aucun moment, un interne ou un médecin n'a daigné intervenir... Ils n'ont même pas jeté un œil dans la chambre. J'ai trouvé ça un peu étonnant quand même. Mince quoi, je m'attendais à voir un truc un peu spectaculaire, comme une quelconque intervention d'urgence. Mais non, rien de tout ça.
Heureusement, le patient a retrouvé ses esprits progressivement.. même s'il n'avait plus vraiment l'air de se souvenir de tout, pas même qu'il était à l'hôpital. À suivre...

Hormis cet épisode un peu plus chargé en adrénaline que les autres, rien à signaler. Alors après la tournée de fin de matinée, j'ai occupé la fin de mon service comme la veille : en accompagnant la patiente pour son repas. Elle s'inquiète de ne pas retrouver rapidement son énergie, elle qui ne retrouve l'appétit peu à peu que depuis quelques jours ! Ça a quand même quelque chose de beau, ou d'admirable cette force qu'elle puise d'on ne sait où.
Avec deux morceaux de sparadrap, j'ai accroché au mur de sa chambre un des dessins réalisés spécialement pour « la meilleure mamie du monde », plein de petits cœurs tracés au feutre.

Fin du service à 14h après avoir assisté une seconde patiente pour son repas et les transmissions. Puis repas au self, avec les infirmiers. Comme on est resté jusqu'à la fin du service, le chef nous a généreusement chargés de finir quelques desserts supplémentaires. Une salade de pâtes, du coquelet et des légumes, un liégeois au café, deux parts de tarte, une salade de fruits. Un véritable festin !

L'après-midi, petite sieste réparatrice quotidienne et promenade bien agréable dans la soirée sur le bord de mer. À pied, pour changer.


Un petit tour dans les rochers avant de rejoindre le lac.
Seule ombre au tableau : le crépuscule s'est déroulé sur un fond de ciel nuageux.

Info ! En ce mardi 22 Juillet, le blog a fêté son quatrième anniversaire ! J'en redirai quelques mots à la fin de cet article !

Mercredi 23 Juillet : à la douche !


Ce mercredi a débuté exactement de la même façon que ce mardi. À peine arrivé, une prise de sang à réaliser. Je gère vraiment bien à présent. Il me manque juste un tout petit peu de précision pour piquer directement dans une veine ; je suis encore parfois obligé de la chercher après avoir planté l'aiguille, ce qui ne doit pas forcément être agréable pour le patient. Je vais dessiner une cible sur un des verres de mes lunettes.

Matinée bien occupée mais pas trop chargée. Les choses habituelles disons : après la tournée des constantes et des médicaments du matin, transmissions aux médecins, puis soins. J'ai réalisé un électrocardiogramme chez un patient agressif, j'ai posé des bandes de contention chez un patient docile et.. j'ai été chargé de faire la toilette du patient délirant, juste pour m'embêter, dixit les aides-soignants. Après un an en tant que carré, me voilà de nouveau bizuté !
La toilette s'est bien passée, parce que j'arrive à aller dans le bon sens de ce patient. Avec moi, il dit oui à tout, ce qui facilite grandement les choses. Ce n'est pas vraiment le cas avec le reste de l'équipe, qu'il envoie paître plus rapidement1. Si j'arrive à faire dans le relationnel même avec des personnes dans ce genre d'état, avec les autres, ça devient du gâteau. Mais du coup, il parle sans cesse et tout ce qu'on fait prend deux fois plus de temps qu'avec un autre. Son discours est toujours autant décalé avec la réalité, mais il est plutôt cohérent et pour un peu, on pourrait se demander si, ce que l'on prend pour de la démence, ne ferait pas partie, au moins partiellement, de sa véritable personnalité, aujourd'hui perdue... Il n'est vraiment pas facile comme patient mais malgré tout, pauvre homme quand même.

Ça sent la fin du stage quand même ! La cadre de santé qui nous sert de référent, m'a demandé quelles horaires je souhaitais faire demain, « comme c'est la fin du stage » pour par exemple suivre les internes et les médecins. J'ai décliné la proposition, car pour l'avoir fait le deuxième jour, je savais que je n'avais pas les connaissances suffisantes pour être capable de suivre. Quoique, bien plus habitué au fonctionnement du service que je ne l'étais au deuxième jour, j'aurais pu tenter. Mais pour ne pas prendre de risque, j'ai demandé à assister à d'autres examens endoscopiques s'il devait y en avoir le lendemain. Du coup, j'ai pris des horaires d'après-midi pour le jeudi, 13h30/21h. Mais ça ne m'aurait pas dérangé de terminer ma semaine avec deux derniers services de matin. Ça n'aurait pas non plus dérangé la cadre si j'avais opté pour des horaires plus souples. Je profite seulement de l'occasion que l'on me propose pour diversifier ce que je peux voir.
J'ai également rendu mon rapport de stage. J'avais commencé à rédiger un truc complet et détaillé, mais je me suis renseigné auprès de la cadre qui m'a confirmé que seulement deux pages suffiraient. Impossible de s'étaler autant sur deux pages que.. sur mes articles de blog ! J'ai donc dû faire court, pas exhaustif et très formel. J'espère que ça conviendra.


Il commence à être temps que ça se termine quand même, ça devient le foutoir dans mon casier.

Fin du service, retour au camping et j'ai de nouveau dormi. J'ai l'impression de ne faire que ça, mais au final, ça ne me fait que six heures de sommeil par jour. Elles sont juste mal réparties... Le ciel était plus nuageaux encore que la veille au soir et en conséquence, l'air était lourd.
Pour compenser, j'ai de nouveau opté pour une petite balade nocturne, pour profiter un peu des animations sur le remblai. Puis sachant que le lendemain, je ne commençais la journée que dans l'après-midi, je pouvais prendre mon temps : je pourrai dormir un peu plus le matin !


Musique ou partie d'échecs au clair de lune, c'est au choix.

Jeudi 24 Juillet : au bloc endoscopique


Nouvelle journée.. ou disons-le, pénultième journée de stage. Elle commence doucement après une nuit plus longue que toutes les autres de la semaine. Pas de grasse mat' pour autant, seulement sept heures de sommeil, mais ça compense un peu !

J'ai suivi ce qui a été convenu la veille, à savoir mes horaires d'après-midi. Sauf que j'ai mal géré mes heures et plutôt que d'arriver à 13h30, à 12h30 j'étais déjà dans le service de gastro-entérologie. Remarquez, je suis arrivé par temps de grosse chaleur alors cette heure m'a aidé à souffler un peu. Puis j'ai préparé les bilans sanguins à réaliser le lendemain.
J'ai simplement profité de cette heure pour m'enquérir des retours concernant mon rapport de stage, rendu la veille. La cadre l'a trouvé bon et m'a évalué très positivement ! Bonne chose, étant donné que la validation de ce stage importe pour l'année prochaine. Puis à sa suite, l'interne m'a dit qu'elle n'en avait entendu que des compliments. Ça fait plaisir !

Après les transmissions, à 14h, je suis descendu au premier étage pour rejoindre le bloc endoscopique. Je me suis annoncé, on m'a conduit aux vestiaires et j'ai troqué ma blouse blanche, mes chaussures et mon magnifique brushing pour une blouse bleue, des crocs vertes et une charlotte. La classe totale. C'est drôle le bloc ; j'ai eu l'impression d'être dans une sorte de labyrinthe dans un sous-sol, alors que nous étions bien au premier étage. Il y fait sombre mais l'air est frais.
J'arrive au bloc, les personnes présentes étaient bien au courant de ma venue, ça a simplifié les choses. Le médecin, les infirmiers, les aides-soignants.. et moi, le stagiaire !


Blouse blanche, blouse bleue.. et à force de pédaler, bientôt maillot jaune.

« Tu as fini ta première année, tu as eu ton concours.. donc là tu viens voir si tu ne regrettes pas de faire médecine en fait ! »
« Euh non, puisque je vais être sage-femme ! »

J'ai donc assisté à cinq ou six endoscopies au cours de l'après-midi, comme je l'avais fait le matin du mardi 1er Juillet. Je me sentais évidemment plus à l'aise, que ce soit vis-à-vis des patients, des soignants ou des choses à observer car après ces quatre semaines de stage, j'ai un peu plus de repères !
Petite différence avec la fois précédente ; les patients étaient anesthésiés pendant les endoscopies. J'ai donc pu découvrir le métier d'infirmier-anesthésiste et les effets du célèbre propofol2. Un coup de seringue dans le bras, l'infirmier injecte progressivement le produit jusqu'à ce que le patient s'endorme. Le médecin réalise l'endoscopie et si d'aventure, le patient vient à faire des gestes de réveil ou si ses constantes l'indiquent, l'infirmier envoie une nouvelle dose. J'ai trouvé ça sympa. J'ai même pu assister assister à un réveil partiel de patient pendant le geste : « Re-bonjour monsieur ! Vous êtes au bloc, tout va bien ! Vous êtes censé dormir là mais ne vous inquiétez pas, ça va venir ! » ; un coup de propofol est l'affaire était réglée.
À regarder, c'est chouette les endoscopies, mais je n'aimerais pas en pratiquer... Le médecin manipule l'appareil grâce à une manette ; il dirige son tube dans le côlon du patient pour en observer l'aspect grâce à la caméra ou retirer des polypes. Sur un écran HD, c'est cool. Mais le risque de mettre un tube de trois mètres dans l'anus d'un patient, en lui injectant ou en aspirant de l'eau et de l'air, c'est que ça ressorte...
Après chaque examen, j'ai brancardé les patients jusqu'en salle de réveil avec l'aide de l'infirmier-anesthésiste.

Je n'ai pas eu l'impression que chaque examen avait été très long, mais entre le moment où je suis descendu au bloc et le moment où j'en suis sorti, il s'est écoulé plus de quatre heures. L'éclairage sans doute, on ne se rend pas compte que le temps passe.
J'ai terminé la journée en remontant au service de gastro-entérologie ; il devait être environ 18h30. Rien à signaler, tout était très calme. À part que ma mémoire me fait défaut ; j'ai préparé et installé une perfusion, mais le patient me parlant en même temps, je crois avoir oublié de la faire couler.. ça ne risque pas d'être efficace. Pas ma spécialité, les perfs.

21h, fin de la journée. Retour à la maison.. affamé.


Le soleil se couche, c'est l'heure de rentrer.

Vendredi 25 Juillet : clap de fin


Vendredi 25 Juillet, dernier jour. Il est 4h du matin quand le réveil.. non attendez. Il est 9h15. Merde ! J'ai fait 4 semaines sous le signe d'une hyper-ponctualité et le dernier jour, il a fallu que je manque le réveil que je m'étais fixé. Enfin, si le réveil avait réellement sonné aussi, je n'en aurais pas été là...
Je ne me suis pas inquiété pour autant. Comme la cadre m'a bien fait comprendre que mes horaires du dernier jour n'avaient que peu d'importance, je me suis présenté ni vu ni connu pour un service d'après-midi comme la veille, en étant encore largement en avance. Personne ne m'a rien dit, personne n'a même dû se rendre compte de rien3.

Je ne crois pas avoir eu de service aussi particulier que ce dernier jour. À la fois extrêmement calme et pourtant bien occupé. Avec l'infirmière et l'aide-soignante, nous avons effectué un premier tour dans les chambres afin de mesurer les constantes des patients, comme d'ordinaire. Nous avons essayé de mettre des bandes de contention à notre désormais célèbre patient dément, mais il les a violemment refusés.
Puis il a fallu réaliser une ponction pleurale chez ce même patient. Croyant que ça allait être intéressant, je reconnais m'y être rendu plus pour voir la réaction du patient que pour le geste technique lui-même. Mais finalement rien ; le patient n'a absolument pas bronché et la ponction s'est déroulée sans accroc. Les médecins sont partis, puis le patient qui continue de m'apprécier, m'a demandé un peigne. Il me l'avait déjà demandé mercredi et personne ne le lui en avait encore apporté. Il était prêt à me payer pour que je lui en apporte un... Je lui en ai finalement dégoté un par chance, ce qui a fait de lui le plus heureux des hommes, et je suis une fois de plus monté dans son estime. « Vous voyez comment un peigne peut me rendre heureux ! »
Après l'avoir réinstallé devant le Tour de France, il a conclu notre échange en me demandant mon prénom. Je lui ai noté sur une des feuilles sur lesquelles il pose par écrit ses idées décousues. Il m'a remercié une nouvelle fois. « Vous êtes un bien gentil garçon » m'a-t-il dit, avec toute l'émotion qu'il arrive encore à communiquer. Les compliments des personnes usées psychiquement font tout aussi plaisir que ceux émanant de personnes aux idées claires... Peut-être même plus ?

L'après-midi passe un peu. Je me promène de chambre en chambre, alternant entre les soins réalisés par l'infirmière et ceux réalisés par l'aide-soignante. Tout se passe très bien. Même sans savoir que c'est mon dernier jour à l'hôpital, ou même si c'est la première fois que je les rencontre, les patients me remercient pour ma « gentillesse » et mon « écoute » et je suis à chaque fois extrêmement touché. Les patients, qui sont pourtant âgés4, me parlent de leur vie passée et je dois être vachement convaincant quand je les écoute ou leur réponds pour les satisfaire autant. Certains ont la plaisanterie facile, d'autres me remercient pour tout et pour rien. Je l'ai ressenti tout particulièrement ce soir et c'est très agréable de terminer le stage sur cette note.
D'ailleurs, la cadre m'a rendu mon évaluation de stage, qu'elle m'a donc validé. C'est la petite cerise administrative qui surplombe le reste !

La sonnette sonne, ça chauffe dans la chambre du patient dément. Il est par terre, après s'être battu avec le médecin et une responsable, cherchant à obtenir des renseignements sur lui qu'il est incapable de donner. Avec le médecin, je l'ai replacé sur son lit et pour l'apaiser, j'ai proposé immédiatement de faire un inventaire de ses affaires pour lui assurer que rien ne serait volé. Grand coup de psychologie...
Je reviens donc dans sa chambre, muni d'une feuille et d'un stylo et nous voilà à faire le tri dans ses papiers et porte-feuilles. Je liste tout, tout en cherchant d'éventuelles informations pouvant nous en dire plus sur lui ou son histoire. La cadre est arrivée dans la chambre, mais le patient a bien fait comprendre que sa présence le dérangeait, avant de bien faire remarquer qu'il n'y avait qu'en moi qu'il faisait confiance : « Vous voyez ce jeune homme. Non seulement il est gentil, mais en plus il est intelligent. Il ira loin ! ». J'ai dû singer ma satisfaction devant la cadre, qui venait de me rendre ma superbe évaluation.
Après avoir tout listé, je reviens en petit héros au bureau des soignants. « Alors ?! T'as réussi à le gérer ? T'as eu des infos ? ». Pas grand chose, hélas. Deux numéros de téléphone qui n'ont rien donné. Mais quand même !

La soirée arrive et les repas du soir sont progressivement servis. Nous nous rendons cette fois-ci dans la chambre de la patiente que j'assistais pendant son repas en début de semaine. Son état de santé n'a pas cessé de s'améliorer. Elle qui m'avait confié vouloir remarcher alors que j'essayais de temporiser ses espérances, la voilà déjà qui s'offre le plaisir de prendre l'air devant l'hôpital. Lunettes de soleil sur le nez, sourire radieux. Je suis vraiment impressionné. Elle revient de loin.
Elle m'a souhaité le meilleur pour mes études, tout comme je souhaite le meilleur pour elle et sa famille. La petite cerise cette fois-ci, c'est que cette patiente quittera probablement le service prochainement si son état évolue encore vers le mieux, contrairement à ce qui était prévu au cours des dernières semaines.

J'ai débarrassé le plateau repas du patient dément. Il s'est inquiété de savoir si j'étais là ce week-end. Je l'ai prévenu que non, sans pour autant lui dire que je ne serai pas là lundi non plus. Au moins aura-t-il été prévenu de mon absence et il ne m'attendra pas. Il m'a souhaité un bon week-end et le bonjour à ma famille !
..Ai-je dit que le matin même, le discours qu'il avait avec les aides-soignantes s'articulait plutôt avec les termes « mes grosses couilles dans votre bouche » ? Quand je dis qu'avec moi, ça se passe étrangement bien, ce n'est pas des conneries !

Le service s'est achevé après avoir discuté encore avec quelques patients, après les avoir changés ou accompagnés aux toilettes. 21h, terminé. Je salue une dernière fois l'équipe présente ce soir, avant de marquer un mot de remerciement à l'attention du reste des soignants sur le tableau effaçable de la salle de pause.
Et je suis parti. J'ai vidé mon casier, rendu ma blouse et repris mon vélo. Pas les larmes aux yeux, quand même pas, mais un peu d'émotion dans un grand bain de satisfaction.


Au départ de la dernière étape de mon micro-tour de Vendée.

Qui sait si j'aurais vécu cette journée si je m'étais lamentablement levé aux aurores ? L'avenir appartient à ceux qui se lèvent.. tôt ou tard !

Bilan de ce stage


Que dire de plus.

J'en ai appris des choses en quatre semaines. Bien plus que je n'en attendais. Comme je l'ai expliqué aux soignants, les étudiants des années supérieures nous ont souvent présenté ce stage infirmier comme une corvée, un truc plus chiant qu'autre chose et duquel il n'y a pas grand chose à dire.
Ce n'est pas du tout le sentiment que j'en ai. Je suis à mille lieues de penser que j'ai perdu mon temps ou de m'être ennuyé.

J'ai découvert des gestes techniques dont je n'avais souvent aucune notion théorique et on m'a fait confiance pour les réaliser. C'est déjà une excellente chose en soi pour ce stage.

Mais j'ai aussi et surtout découvert le comportement que je pouvais avoir vis-à-vis des patients. Je ne pensais pas que je pourrais avoir d'aussi bon contact aussi facilement. Faire la discussion aux gens, leur adresser mille et un sourires autant que possible, avoir des moues empathiques quand il le faut... Je ne pensais pas que le relationnel faisait à ce point partie de mes capacités, et encore moins que j'y trouverais autant de plaisir.

J'ai également eu droit à des situations délicates, à savoir le décès de certains patients. Certains avant même de les avoir connus, et d'autres après les avoir côtoyés pendant plusieurs jours. C'est plus pince-cœur dans ces cas, mais le flux continu de patients pousse à passer rapidement à autre chose.
Ce dernier vendredi, j'ai découvert une carte dans la salle de repos, adressée à l'équipe soignante par la famille d'un patient décédé. Toute l'équipe a été remerciée pour les soins apportés, les médecins, les infirmiers, les aides-soignants.. « et leurs aides-élèves ». Ayant été le seul élève qu'ait rencontré ce patient au cours de cette période, j'imagine que les derniers mots me sont adressés... Une nouvelle fois, j'ai été touché.

Je remercie l'équipe soignante sans qui ce stage ne se serait pas déroulé de cette façon. Pour leur accueil, leurs explications et leurs conseils, pour m'avoir accompagné durant ce mois. Tout le monde a été super sympa avec moi et j'espère au moins que de mon côté, je ne les ai pas trop dérangés !
..Y compris le personnel du réfectoire, tout aussi chaleureux !


Je garde en souvenirs matériels un petit pin's trouvé dans un couloir, un tube pour prélèvement sanguin et des ciseaux restés dans ma poche.
Mais je garde bien plus que ces petits bidules dans ma mémoire !

Ce mois de stage aura été un véritable moment de plaisir et a le grand mérite de me motiver à fond pour poursuivre dans ce parcours d'études.

Conclusion


..C'est les vacances !

Héhé, certes, en Vendée, je suis pas mal à l'ouest, mais je ne perds pas le nord ! Me voici de nouveau en vacances, après ce mois de Juillet à l'hôpital et un mois de Juin déjà bien lointain.
Au programme du mois prochain, des voyages. Les Sables d'Olonne c'est bien beau, mais il est temps de partir vers d'autres horizons. Je commence le 1er Août par le fameux week-end à Londres gagné à la radio au mois de Mars : j'ai reçu toutes les informations pendant le mois de Juillet, mais je me suis bien gardé de vous le dire. Je vous ferai sans doute un petit résumé de ce séjour !
Puis à partir du 8, vacances en Italie pendant trois semaines. En Vénétie, comme à chaque fois, pour mon plus grand plaisir. Je ne rentre que le 31 Août. La rentrée, c'est le 1er Septembre. Ça va être sportif niveau organisation.

Autrement dit, le 1er Août comme le 1er Septembre, je serai absent ou trop occupé, donc il n'y aura pas de bilan mensuel. De toute façon, après les quatre résumés à propos du stage infirmier, je pense qu'un bilan serait désuet. Et mes trois semaines de vacances en Italie ne vous intéresseront sans doute pas non plus -au mieux, je mettrai juste des photos à l'occasion.

Bref, le blog s'offre des vacances bien méritées, tout juste après avoir fêté son quatrième anniversaire ce mardi 22 Juillet. Je me souviens encore des circonstances de sa création.. j'étais ici-même, aux Sables d'Olonne !
103 articles publiés pour 375 commentaires depuis la version 2 du blog. 2838 visites en un an de temps et 7081 pages vues. Les chiffres pour cette année 2013/2014 sont plus ou moins les mêmes que ceux de 2012/2013. Une bien bonne chose !
Il faudra par ailleurs que je change la bannière et la petite introduction au-dessus du menu latéral, puisque je ne suis plus étudiant en PACES.

Voilà, je m'arrête là pour ce billet. Sans doute plutôt long à lire et je vous prie de m'en excuser. J'espère malgré cela qu'il vous a plu, tout comme mes précédents résumés !
Je vous dis à bientôt, sans doute après mon retour de Londres. D'ici là, portez-vous bien et faîtes attention à votre système digestif !

Ciao !

1. Ils ont aussi moins le temps d'avoir de la patience avec lui, et donc de l'écouter déblatérer trop longtemps. Ce qui peut se comprendre facilement, on n'est pas en psychiatrie...
2. « Célèbre propofol » car c'est avec ce médicament que Michael Jackson serait décédé.
3. Au contraire, la seule chose qui m'a été reprochée, c'est de ne pas avoir préparé de gâteau pour le dernier jour. Mais dans le camping et à vélo, même si j'en avais eu l'idée, ça n'aurait pas été aisé...
4. L'âge moyen des patients du service oscille entre 70 et 75 ans. Je l'ai calculé certains jours, puis certains rapports statistiques établis sur plusieurs mois affichés dans le service confirment mes mesures.

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