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DFGSMa2 : Deuxième semaine mouvementée

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[Maïeutique] publié le 12/09/2014 à 23h21
« An apple a day keeps the doctor away. » - Proverbe anglais

Être étudiant sage-femme à Angers, c'est une aventure. Avec ses risques et ses dangers. Mais qu'est-ce que c'est drôle !

Avertissement : Cet article a été publié il y a déjà un certain moment.
Il se peut que son contenu ne reflète plus exactement ma pensée actuelle.

Bonsoir à tous !

Une semaine seulement s'est écoulée depuis le précédent billet et j'ai pourtant pas mal de choses à raconter. Alors plutôt que d'attendre, je préfère ne pas me priver d'écrire ! Rarement le blog aura connu un tel rythme de publication ou du moins, ça faisait vraiment un moment à cause de mes deux PACES.
Bref, au programme dans cet article, un résumé sur mes études à l'ESF (ça ne va pas être triste, je vous assure !) et sur l'avancée de mon déménagement à Angers, principalement.

Éventail de cours


Il y a deux semaines, j'étais encore en Italie. Plus pour longtemps, certes, mais encore un peu. Aux portes de Vérone !
Aujourd'hui, les vacances semblent déjà bien loin. Le rythme imposé par la rentrée a vite pris le dessus, dès la semaine dernière, et encore plus cette semaine. Les cours ont déjà gagné en nombre et en intensité et il est tout juste temps de se mettre à bosser, avant que ça ne devienne trop dur à rattraper.
La difficulté, c'est que contrairement à ce qu'on avait en PACES, c'est qu'en maïeu, les cours vont dans de nombreuses directions. Nous n'avons plus simplement quelques grosses matières divisées en plusieurs gros cours. À l'inverse, nous avons plusieurs grosses matières divisées en plusieurs petits cours, sans réelle continuité entre un cours et le suivant. Chaque cours comporte donc son lot de choses inédites à apprendre. Au final, ça fait beaucoup de sous-dossiers sur mon disque dur pour ranger tout ça. Et beaucoup de pochettes dans mon classeur pour ranger tout ce que je note à la main ou ce que j'imprime.

Mais les cours sont intéressants ! En plus d'être variés, les cours ont des thèmes très différents de ceux qu'on suivait en PACES. Plus cliniques, plus pratiques et de moins en moins théoriques. On intègre de toutes nouvelles notions. Je ne m'ennuie pas du tout. Remarquez, si au bout de quinze jours, il en avait été autrement, ça aurait été très inquiétant. Je suis quand même parti pour quatre ans de maïeutique !

Enfin, j'ajoute que certains cours sont organisés à la faculté de médecine, mutualisés avec les cours des D1 (troisième année de médecine) -et plus tard, avec les P2 (deuxième année de médecine). On n'est pas tous les jours enfermés dans l'école, dans la même classe. Et ça nous permet de garder des liens avec les autres étudiants, qu'ils soient en PACES ou nouvellement en deuxième année. On ne sent pas exclu vis-à-vis d'eux. Je trouve ça bien.

Clairement, ça me plait. Puis être entouré de filles toute la journée, ce n'est pas déplaisant non plus ! :^)

Faîtes comme chez vous


Côté cours, tout va bien. Mais côté organisation, même bémol que la semaine dernière : je ne suis toujours pas installé à Angers, donc je me tape le trajet matin et soir. L'emploi du temps de cette semaine n'a pas été top à ce niveau puisque lorsque les cours commencent à 8h, je suis contraint de me lever à 5h, prendre un train à 6h pour arriver à 7h et avoir le temps de rejoindre l'ESF ou la fac de médecine. Et le soir, je prends souvent un train à 19h pour arriver vers 20h au Mans. Puis pour faire des économies, je marche. Je marche de chez moi à la gare du Mans, je marche de la gare d'Angers jusqu'au CHU, je marche le midi pour trouver un sandwich, je marche du CHU à la gare d'Angers, je marche de la gare du Mans à chez moi. J'ai mesuré tout ça sur Google Maps, ça me fait au moins 12km de marche par jour. Autrement dit, c'est comme si le trajet que je faisais en vélo lors de mon stage infirmier, je ne le faisais qu'à pied.
Ça fait de grosses journées quand même. Mais j'avais pris rendez-vous vendredi dernier pour récupérer mes clés au cours de cette semaine. Ouf !

Ce qui nous amène à la journée de jeudi, 11 Septembre 2014. Il est un peu plus de 8h, je suis devant la résidence. Je m'y suis rendu directement en tram depuis la gare ; j'aurais moins marché ce matin là. La concierge arrive, me donne les clés et la feuille d'état des lieux avant de me conduire à la chambre1. J'ouvre la porte et surprise, pas d'électricité. Le compteur est coupé. Chouette... Et pour ne pas oublier le petit détail : les stores sont baissés, donc il fait vraiment sombre. Les stores é-lec-triques ! Donc impossible de les ouvrir !
Dans le noir, je n'ai donc pas fait l'état des lieux ; ça attendra que le courant soit relié. Faut que j'appelle EDF... Quel bordel. Moi qui pensais sincèrement avoir fait le bon choix en prenant une chambre en résidence universitaire afin d'éviter ce genre de démarches, bingo. Mais passons.

Toujours jeudi matin, 9h, j'ai rejoint la faculté pour y suivre un cours de rhumatologie. Plutôt orienté sur les déformations osseuses des membres puis du dos. Et la colonne vertébrale (le rachis, en nomenclature anatomique), ça me chatouille parfois quand on en parle. Mais rien de méchant dans le fond. Jusqu'à ce que le prof commence à parler de déviation vertébrale ou de rotation costale. Léger vertige ; je ferme les yeux pour penser à autre chose, simplement histoire de chasser l'image d'un hulaa hoop de côtes autour de vertèbres dansantes.
Mais quand je ferme les yeux, il ne fait pas noir. Je vois un voile gris. Comme si j'étais en train de perdre le contrôle de mon petit assoupissement. Et je perds connaissance.

Il est 9h30 ou 9h45.

Pomme de reinette et pomme d'api


Voile gris donc. Suivi d'une grosse vibration douloureuse dans ma tête. VRZZZZZ VRZZZZZ ! Je savais que j'aurais dû mettre mon cerveau en mode Avion, je n'aime pas recevoir des SMS intra-crâniens.

Puis je me redresse. Je suis orienté vers mon voisin, qui me regarde bizarrement. Je ne vois pas grand chose mais je tourne la tête et je distingue l'enseignant médecin qui me regarde tout aussi abasourdi. Sonné, mais sans trop comprendre à quel point, je demande : « Il s'est passé quelque chose ? ».
« Bah oui un peu.. » répond le prof.

Je vois des étoiles rouges, j'ai les oreilles comprimées, ma vue est floue. Sans doute parce que je n'ai plus mes lunettes. Je ne me souviens même pas les avoir retirées. La secrétaire de l'école est là, accompagnée d'une enseignante sage-femme. Je suis complètement sonné, dans le gaz, mais ça va. Je ressens encore la vibration dans mon crâne, mais elle s'estompe.
On m'encourage à quitter le cours. Un autre médecin m'attend et m'allonge sur un des canapés du hall de l'école, les jambes relevées. Il donnait cours aux étudiants d'une année supérieure j'imagine. Il mesure ma tension, basse, et me demande comment je vais. Bizarrement, comme si je me réveillais d'un lourd cauchemar. Mais de mieux en mieux. Les étoiles rouges disparaissent.
Je prends un morceau de sucre. Je retrouve mes esprits, ça va mieux. Drôle d'expérience tout de même. Je me relève pour boire un peu et m'asperger le visage d'eau.

L'infirmière qui devait nous donner le cours suivant a assisté à la suite d'événements que je viens de décrire et ne m'oblige pas à assister à son cours si je ne m'en sens pas capable, mais j'y vais quand même. Soins pré-interventionnels et pansements.
Le cours se déroule sans problème, même si je dois avouer avoir eu du mal à le suivre ; j'étais légèrement préoccupé par ce qui venait de m'arriver.

À la fin du cours, l'enseignante sage-femme revient prendre ma tension. Elle est toujours anormalement basse. Décision est prise de m'accompagner aux urgences.

Hôpital


Ce n'est pas parce que l'école est située au plein cœur du CHU que je m'attendais à en visiter une partie de sitôt. Mais il est midi, me voilà pourtant en chemin pour le service des urgences, escorté par l'enseignante sage-femme.
Mon dossier est préparé à l'accueil, puis on patiente.

Un externe me prend finalement en charge. La sage-femme lui confie quelques informations, avant de nous laisser : « On a mesuré sa tension et l'enseignant a noté la présence de deux mouvements myocloniques sur son visage. ». Ah bah tiens. Ça, je n'étais pas au courant.
L'externe me pose plusieurs questions pour déterminer la cause de ce malaise. Suis-je épileptique, diabétique, ai-je une maladie cardiovasculaire connue, des antécédents personnels ou familiaux de ces pathologies, etc. Non, non, non et non ; c'est mon premier malaise. Hypoglycémie peut-être ? Très probablement même. Va pour une glycémie.

L'externe sort le même petit lecteur que j'utilisais lors de mon stage infirmier au Centre Hospitalier des Sables d'Olonne. Je connais le truc donc ; il me pique le doigt, récupère une goutte de sang, etc. Problème de lecture. Ça arrive... Rebelotte, on recommence, deuxième piqûre, mais cette fois je fais plus attention à sa manière de faire. Je tique sur un détail, mais ne dis rien.
Le lecteur affiche 2,1g/L. Pour ceux qui n'y connaissent rien en valeurs normales de glycémie, sachez que l'on considère que tout va bien entre 0,8g/L et 1,2g/L. En dessous, on est en hypoglycémie ; au-dessus, en hyperglycémie. Donc 2,1g/L, alors que je n'ai avalé qu'un morceau de sucre vers 10h depuis mon petit-déjeuner tôt le matin, ce n'est vraiment pas normal du tout. Pas du tout du tout. L'externe s'inquiète, au point de presque me cacher le lecteur. Il fait venir un aide-soignant et un infirmier, qui me redemandent si je suis diabétique, non sans une pointe d'inquiétude dans la question. Je suis sur le point de m'inquiéter à mon tour, avant de dire : « Je ne sais pas si ça aide, mais moi quand je fais les glycémies, je mets d'abord la barrette dans le lecteur avant de mettre le sang dessus. ».
Regards croisés de l'infirmier et de l'externe. « Ah mais oui, c'est ça le problème ! Regarde ! Tu mets la barrette dans le lecteur et ensuite seulement on te demande de déposer une goutte de sang ! » dit l'infirmier à l'externe, mort de honte. Et hop, troisième piqûre au bout du doigt, à ma manière cette fois-ci. Le lecteur affiche 0,78g/L, ce qui est bien plus crédible et moins inquiétant ! Légère hypoglycémie, mais pas de diabète !
L'externe me remet mon dossier avant que je sois conduit au bloc, avant d'être examiné par un médecin. « Au moins tu te souviendras de l'externe qui t'a pris en charge... » dit-il, toujours désappointé. Ahaha, ça c'est certain ! Tout comme lui se souviendra peut-être de l'étudiant tout juste deuxième année (et sage-femme parbleu !) qui lui aura fait un petit rappel du b.a.-ba !

Je patiente à nouveau, sur un lit d'hôpital. Une interne vient me chercher et me brancarde jusqu'à une salle d'auscultation. Et me voilà examiné sous toutes les coutures : nouvelle anamnèse2, puis tests neurologiques pour voir que mon cerveau fonctionne encore, auscultation pulmonaire et abdominale, ECG comme j'ai adoré les faire en stage infirmier... Bref la totale, j'ai refait le tour de ce que j'avais découvert en Juillet. Je n'ai pas fait ce malaise pour rien ! :p
Ma tension a finalement fini par remonter. Limite un peu trop finalement, avant de se stabiliser. L'ECG est normal, à l'exception d'une petite onde qui pourrait témoigner d'une hypokaliémie. Gaz du sang donc, petite prise de sang artériel dans l'artère radiale.. et dont l'analyse revient comme étant normale finalement. Pas de baisse de potassium pour moi.


J'ai même eu droit à la magnifique blouse de malade. La to-tale vous dis-je.

J'ai vu passer deux médecins en plus de l'interne, qui ont finalement conclu pour un malaise vagal, a priori sans conséquence et sans autre origine que de la fatigue. Mais ils m'ont bien fait comprendre que ça pouvait ne pas être anodin pour autant et qu'en cas de récidive, ce serait plus inquiétant.

J'ai passé environ deux heures aux urgences. Je suis retourné à l'école, donner de mes nouvelles, avant de m'offrir un bon Subway, histoire de faire remonter ma glycémie3 comme il se devait ! J'ai ensuite repris la route de mon appartement, toujours dans l'obscurité, puis j'ai suivi une heure de cours de PACES à la fac de médecine. Oui, suivre un cours, quand on a rien à faire et après être sorti de l'hôpital, je trouve ça étrangement cool.

J'espère maintenant que ce malaise sera le dernier. Pourtant, je suis encore loin d'avoir vu toutes les horreurs que me réserve le métier de sage-femme.. à commencer par un accouchement par exemple !
Vivement la suite.

À part ça...


Et ben à part ça, tout va bien !
Comme dit, les cours me plaisent, il ne me reste plus qu'à travailler comme il se doit. Difficile cependant étant donné mon organisation, mais ce problème sera réglé dès que je serai installé à Angers. Très prochainement donc.

Puis j'ai été retenu pour participer au tutorat des PACES ! J'ai la responsabilité d'animer les corrections de colle -voire, la création de QCMs- en UE7, qui regroupe les matières suivantes : sociologie, droit, histoire de la médecine, étymologie. Et également pour assurer la correction de ces colles au Mans ! Je n'en suis pas peu fier, mais il va falloir que j'assure. Heureusement, c'est une UE que je maîtrisais bien (ça aura été ma meilleure note de l'année dernière, et ça n'a pas peu aidé à mon passage en deuxième année) et que j'appréciais beaucoup. Il va falloir que je m'y remette vite, en plus de mes cours personnels !
Je devais assister à une réunion d'information sur le rôle de tuteur.. sauf que celle-ci avait lieu jeudi et à la même heure, j'étais aux urgences. Je crois que vous êtes au courant.
On reparlera sans doute de ça en tout cas !

Conclusion


Je crois que j'ai fait le tour de l'essentiel, même si je pense avoir oublié plusieurs anecdotes que j'aurais aimé vous confier. Bon, ça fait déjà pas mal de blabla, donc on va s'en contenter !
Le mois de Septembre n'est même pas encore à moitié consumé, mais il est déjà bien agité. Et qui sait ce qu'il peut encore arriver. Pas simple la vie d'étudiant sage-femme. Mais elle s'annonce mouvementée ! :)

Je vous donne donc rendez-vous pour un autre billet probablement très bientôt, étant donné le rythme de publication actuel. En attendant le prochain, je vous remercie pour la lecture de celui-ci, et vous souhaite une continuation plus paisible que la mienne !
Travaillez bien, mais ménagez-vous, reposez-vous et mangez des pâtes4 !

1. C'est tout. Franchement, le CROUS aurait pu m'envoyer le tout par la Poste, ça m'aurait évité tout le bordel de la semaine dernière.
2. Anamnèse, nom féminin : Renseignement que fournit le malade lui-même ou son entourage sur le début de sa maladie jusqu'au moment où il se trouve soumis à l'observation du médecin. Accessoirement, c'est un mot très joli.
3. J'ai d'ailleurs trouvé ça étonnant qu'aux urgences, après avoir péniblement fait état de ma glycémie un peu faible, on m'ait fait passer deux heures sans me proposer quoi que ce soit à manger, ni même me le conseiller avant de me laisser partir. Et si j'avais refait un malaise dans la foulée ?
4. Bah oui eh ! Si je prenais des pâtes au petit-déj, je ne ferais pas d'hypoglycémie, ja-mais. Et vous non plus. Il faut penser sucres lents !

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