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Stage SDC : Gardes 1 et 2

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[Stages] publié le 18/06/2015 à 21h19

Pénultième stage de cette deuxième année des études de sage-femme ! De retour en Maternité, mais à l'hôpital du Mans cette fois, je découvre à fond tous les soins que peut réaliser une sage-femme auprès des mamans.. mais aussi des bébés !

Avertissement : Cet article a été publié il y a déjà un certain moment.
Il se peut que son contenu ne reflète plus exactement ma pensée actuelle.

Bonjour tout le monde !

C'est reparti : après les partiels, me voici de nouveau en stage, pour la pénultième fois cette année. Un stage doublement particulier car d'abord, il s'agit de mon second stage en Maternité et en suites de couches, et parce que ce stage se déroule non pas au CHU d'Angers, mais au CH du Mans. Et apparemment, qui dit changement d'hôpital, dit changement d'organisation et de mentalité. Et en ce qui me concerne, changement d'horaires ! Pour la première fois, je suivrai au rythme des sages-femmes, à savoir celui des gardes de douze heures : de 7h30 du matin à 7h30 du soir. Autrement dit, les choses sérieuses commencent !

Pour vous présenter mes petites aventures au cours de ce stage, en raison de mon emploi du temps, je rédigerai sûrement trois billets ; chacun d'eux développant mes faits et gestes au cours de deux gardes. Trois fois deux, six : c'est le nombre de gardes que j'aurai à effectuer sur deux semaines. Ça peut paraître un inconvénient de travailler par lot de douze heures. En effet, c'est assez particulier, mais ça signifie aussi qu'il suffit de travailler en moyenne trois jours par semaine pour effectuer ses trente-cinq heures de travail hebdomadaire. Ça laisse du temps pour se reposer entre deux gardes ! C'est bien différent du rythme infirmier, où les services durent entre sept et huit heures et peuvent s'enchaîner plus facilement ; le temps libre quotidien étant plus important.

Je pense avoir dit l'essentiel pour que vous compreniez bien le principal changement entre ce stage et les précédents. En vous racontant deux gardes par billet, je retrace en réalité vingt-quatre heures passées à la Maternité. Il me fallait raconter trois ou quatre journées avec les infirmières pour avoir le même quota horaire.

Ceci étant posé, on s'y met ?

Lundi 15 Juin : première garde


Il est 5h, le réveil sonne. C'est pas mal pour un premier jour de stage. C'est mieux que les 4h du matin habituelles. La journée finira tard, certes, mais elle commence plus tard aussi et pour le moment, encore un peu endormi, il faut savoir l'apprécier. Mais l'excitation du premier jour est trop importante et me tire heureusement du lit, faute de quoi il y aurait eu fort à parier que je me sois rendormi aussitôt. Je mange, je me lave, je m'habille et je prépare mes affaires : stylos, chaussures, blouse et pâtes pour ce midi. J'ai pris mon temps, histoire d'être bien frais en quittant la maison et je me suis dirigé vers l'hôpital.
La maison est assez proche de l'hôpital pour que je m'y rende à pied. Puis je connais bien le trajet : je suis passé devant cet hôpital chaque fois que je suis allé assister aux cours en amphithéâtre lors de mes deux années de première année, en PACES. Mais ce n'est pas pour autant que je connais bien l'hôpital du Mans. J'ai dû vérifier la veille où se situait le bâtiment de la Maternité. L'hôpital est bien plus vaste que ce que je croyais en réalité, je me serais vite perdu si je n'avais pas pris cette précaution. Je le trouve finalement, j'emprunte les escaliers et me rend à l'étage et dans l'unité qui m'avaient été indiqués par la cadre du service. Je me présente et demande où je peux me changer. Une jeune sage-femme m'accueille et me conduit aux vestiaires. Je la retrouve en tenue et profitant de mon avance, elle décide de me faire visiter le service (les bureaux, le poste de soins, la nursery, les différents locaux de stockage...) tout en me posant des questions sur mes études, mes stages précédents, ce que je sais faire, etc.
L'unité est prise en charge par deux sages-femmes, qui se répartissent les patientes ; normalement dix chacune, mais il n'est pas rare que ce soit plus. La sage-femme m'indique également qu'au Mans, il n'y a pas de puéricultrice. Les sages-femmes travaillent directement avec les auxiliaires de puériculture et elles s'occupent ensemble de la mère et de l'enfant. À Angers, j'ai pour souvenir que la répartition des tâches étaient bien plus tranchée : lorsque je suivais les sages-femmes, on ne se préoccupait presque pas du bébé. Ici, j'ai eu rapidement la confirmation qu'il était souvent remis au centre de la discussion. J'ai beaucoup apprécié cet élément.
J'ai rencontré la sage-femme que j'allais accompagner lors de mes deux premières gardes au cours des transmissions. La première sage-femme nous présente les mamans et leur bébé. Elles vont toutes à peu près bien. La Maternité est sans doute le seul endroit de l'hôpital où l'on peut entendre fréquemment ce genre de chose, sans que personne ne dise qu'il va neiger. Ça me change des services de médecine interne et de chirurgie, où les quelques-uns qui vont bien côtoient ceux dont on ne sait pas ce qu'il adviendra. C'est une autre ambiance !

La journée commence tranquillement. « D'abord, on reprend les transmissions avec les auxiliaires » me dit la sage-femme. « Mais c'est surtout un prétexte pour prendre un petit-déj ! » ajoute-t-elle, me conduisant à la salle de pause, où les auxiliaires sont réunies. Une nouvelle fois, je me retrouve seul jeune homme au milieu d'un groupe de dames. Je commence à m'y faire, mais c'est toujours plus prenant dans une Maternité, car s'il est déjà rare de voir des infirmiers et des aides-soignants plutôt que des infirmières et des aides-soignantes, ça l'est encore plus de croiser des auxiliaires de puériculture et des sages-femmes hommes. Je sais d'avance qu'à chaque pause ou repas, les discussions seront celles que des femmes peuvent avoir entre elles. Vous pensez sans doute que je caricature, ou peut-être même que je me donne un air pseudo-machiste, mais dans les faits, et je ne sais pas pourquoi, il y a toujours quelqu'un autour de la table pour se retourner vers moi à un moment donné et me dire quelque chose comme oh excuse-nous, tu dois en entendre de ces choses avec toutes ces femmes ! On oublie vite que tu es là ! À chaque fois que ça parle de fringues ou de choses plus.. frivoles disons -et ça parle souvent de ça-, j'ai droit à ces excuses absolument pas nécessaires. Mais ça me fait toujours rire ; je réponds d'un sourire à chaque fois, en ajoutant systématiquement que je commence à avoir l'habitude après une première année passée entouré de filles.

Les minutes passent, mais on finit par s'y mettre ! La sage-femme me demande si je suis au point sur les soins réalisés en suites de couches. Je réponds que je suis à peu près calé sur les soins de base, en me remémorant tout ce que j'ai vu précédemment en chirurgie urologique : prise de sang, pansement, perfusion, tout ça je devrais m'en sortir. Je me rends compte en le disant que j'ai évolué depuis Octobre dernier. Je prévois déjà d'être moins dans l'observation que lors de mon premier stage en suites de couches.

Au programme de la journée : s'assurer que toutes les mamans vont bien et s'en sortent avec leur enfant. Il y a quelques soins à faire et dès qu'ils sont évoqués, je me propose pour les réaliser. Ainsi, dès cette première matinée, je commence à déperfuser des patientes, ou à réaliser des prises de sang. Pour les prises de sang, le matériel disponible au CH du Mans est un peu différent de celui qui est utilisé au CHU d'Angers ou au CH des Sables d'Olonnes. Ça ne me facilite pas les choses, d'autant plus que les femmes enceintes ou qui viennent d'accoucher ont souvent les bras enflés, qui rendent compliqué le repérage d'une veine à piquer. Dans ces conditions, je préférerais avoir les corps de pompe et les tubes dont j'ai l'habitude, plutôt que des aiguilles différentes et des tubes au mécanisme de fixation étrange. Mais après un premier raté, je parviens finalement à piquer correctement.
J'ai également été amené à retirer une sonde urinaire ! Ça m'avait paru étonnant, mais je n'avais pas eu l'occasion de le faire en chirurgie urologique, alors que la quasi-totalité des patients étaient sondés. Je connaissais néanmoins la technique et avec l'aide de la sage-femme, j'ai pu retirer cette sonde sans problème !

Comme je l'ai dit, la sage-femme doit aussi réaliser les soins concernant le nourrisson. Ce matin-là, un bébé a du mal à téter en raison d'un frein de langue trop court. Il est donc décidé de le lui sectionner. La sage-femme emmène le bébé pleurant à la nursery, l'installe sur la table et à l'aide de petits ciseaux, lui coupe le frein de la langue entre deux cris. Pendant ce temps, je maintiens le bébé en place, pour éviter que ses gesticulations n'entraînent un faux mouvement de la sage-femme, qui pourrait le blesser. C'est assez saisissant comme geste technique et je m'inquiète de la douleur que doit ressentir le bébé. Le frein de la langue coupé, je prends le nourrisson dans mes bras et il s'arrête en fait de pleurer aussitôt. Magique. Comme s'il ne s'était rien passé. Je le ramène à sa mère, aussi rassurée que moi d'apprendre que tout s'est bien passé.

La matinée se passe, on enchaîne les différentes visites auprès des mamans. Je redécouvre l'examen de l'accouchée qui consiste à vérifier la tension mammaire, la diminution de la hauteur utérine, la quantité de lochies et l'absence de signes de phlébite. J'écoute attentivement la sage-femme donner des conseils aux mamans, sachant que j'aurais sans doute à les répéter prochainement. Je prends la tension de toutes ces dames aussi, en me dépatouillant tant bien que mal avec les appareils qui ne fonctionnent pas correctement ou les brassards trop petits.

L'après-midi, l'administratif représente la plus grosse partie du travail. Ça n'a rien de très passionnant, mais ça permet de se poser un peu. Pendant que la sage-femme entre des données, je trie des résultats de bilan. Quand je suis arrivé le matin, on m'a dit qu'au Mans, tout est informatisé, mais force est de constater que beaucoup de choses se font encore sur papier dans cet hôpital. Remarquez, on m'a aussi dit que les ordinateurs étaient lents, mais ils sont plus puissants que celui sur lequel je travaille moi-même, et bien plus encore que ceux du CHU d'Angers. Tout est relatif...

Mais il reste quelques mamans à voir et à lever. Dans le temps, on recommandait aux femmes qui venaient d'accoucher de garder le lit plusieurs jours, avant de pouvoir marcher. Aujourd'hui, il est admis que plus tôt la femme se met debout, moins elle s'expose à des risques thrombo-emboliques. La maman que nous venons assister porte son enfant contre elle, dans son lit. La sage-femme le lui prend et me le confie, afin de pouvoir prendre la tension à la mère. « Je m'en occupe, prends-le pour que tu puisses pouponner un peu ! » me dit-elle. Elle lui passe le brassard, lui prend la tension, tout va bien ; elle l'aide à se lever et l'accompagne aux toilettes. Je me retrouve seul dans la chambre avec le bébé dans les bras. Mais c'est à ce moment que toute la famille arrive : le conjoint, le frère, la sœur et le grand-père muni de son appareil photo. Tout ce beau monde pose son regard sur moi, portant l'objet de toute leur attention. Le grand-père en a presque les larmes aux yeux. Les enfants s'approchent, curieux, pendant que je confie le nourrisson à son père. Ça m'a fait tout drôle de me retrouver pour la première fois dans cette situation. Pour un peu, on se serait cru dans Le Roi Lion, avec moi dans le rôle de Rafiki, présentant Simba à toute la savane -je vous rassure, je ne me suis pas amusé à porter le bébé à bout de bras, ce n'était pas aussi magistral. Mais presque aussi émouvant.

Une nouvelle prise de sang, une injection, de nouveaux examens et de la surveillance, ainsi que beaucoup d'administratif ; ainsi s'est terminée l'après-midi. Les douze heures sont passées vite ; je n'ai pas eu la sensation d'avoir vu la journée passer. Je commence à avoir mal aux jambes, mais j'ai l'impression d'avoir déjà fait des services infirmiers plus fatigants. Je sais cependant que le lendemain sera plus difficile : la fatigue sera cumulée et la nuit sera de toute façon trop courte pour récupérer correctement.
Il est 19h35 quand la sage-femme m'indique qu'il est l'heure et que je peux partir. Mais les transmissions à la sage-femme de nuit ne sont pas encore faites et je tiens à y assister, comme à chaque stage. Je joue le jeu jusqu'au bout. Je quitterai le service après avoir quitté ma blouse environ quarante-cinq minutes plus tard. La nuit sera vraiment courte. Je rentre chez moi, très content de cette première journée, je mange rapidement et me couche presque aussitôt après. Dans quelques heures, il faudra y retourner.

Mardi 16 Juin : seconde garde, première prise de sang sur bébé


Le réveil est difficile, mais gérable. J'aurais bien continué mes rêves, mais je suis presque impatient de retourner travailler. La première journée ayant été formidable, j'ai envie de découvrir ce que cette deuxième garde me donnera l'occasion de faire !

J'arrive dans le service à l'heure. Il y aura deux patientes de plus ce jour, alors que le service était déjà plein la veille. Deux chambres supplémentaires ont été ouvertes. La sage-femme qui nous fait les transmissions est la même à qui nous avons laissé le service il y a douze heures. Nous l'avons vue arriver, nous l'avons vue partir, comme s'il ne s'était rien passé entre la veille et le lendemain. C'est ça aussi le système en douze heures ; on a l'impression que tout s'enchaîne de manière plus fluide. Il n'y a pas de roulements entre le matin, l'après-midi et le soir. Tout fonctionne uniquement de manière binaire, entre le jour et la nuit. Ça fait moins de ruptures.

La matinée se déroule sur le même mode que la veille : petit-déj transmissions avec les auxiliaires de puériculture pour commencer, puis visite des patientes. Pas de prises de sang chez les mamans ce matin. Je retire une nouvelle sonde urinaire chez une patiente césarisée la veille. Chez une autre, je dois nettoyer la cicatrice de césarienne. Je découvre donc les sets à pansement de l'hôpital du Mans. Devinez quoi ? Ce ne sont pas les mêmes que ceux d'Angers. Il n'y a pas la foutue pince Kocher sur laquelle je me suis entraîné (ou pour mieux dire, tué les doigts) à faire des tampons de compresses. À la place, il y a de jolies petites boules de coton stériles, bien plus pratiques ! C'est formidable, mais je suis presque écœuré de ne pas avoir pu montrer toute ma maîtrise en matière de façonnage de tampons de compresse. Je nettoie la cicatrice sans problème. On ne retirera pas les agrafes aujourd'hui, mais ça aussi je sais faire maintenant. En Octobre dernier, je n'aurais même pas eu l'idée d'essayer.

Le petit moment de choupinesse de cette matinée, c'est quand il a fallu réaliser une prise de sang sur un nourrisson. « Tu vas l'occuper » me dit la sage-femme, en me donnant une seringue contenant du sucre. « Tu vas le laisser te sucer le doigt, ça a un effet antalgique sur les bébés. Tu peux aussi lui donner du sucre pour qu'il ne pleure pas. »
Je me retrouve donc avec le petit doigt dans la bouche de ce bébé, pendant que la sage-femme m'explique comment elle s'y prend pour piquer un nouveau-né. Le petit bout n'a pas bronché du tout ; il s'est simplement contenté de m'aspirer le doigt pour se tranquilliser. J'ai trouvé ça mignon !

Ce matin-là, j'ai également suivi le pédiatre au cours de sa visite. Il vient ausculter les bébés à trois jours de vie ainsi que ceux pour lesquels un problème a été signalé. L'un d'eux par exemple, présenterait une petite asymétrie du visage. Il vérifie les bons réflexes du bébé, notamment celui de la marche automatique : si vous mettez un bébé à la vertical, vous pouvez l'observer marcher un pied après l'autre. Il contrôle les battements du cœur et s'assure de l'absence de luxation congénitale de la hanche. Ce défaut est réputé d'apparition plus fréquente chez les populations d'origine bretonne alors il n'est pas inhabituel d'en voir ici ; le terrain géographique et génétique s'y prêtant bien ! Enfin, il vérifie la bonne constitution des organes génitaux ; opération non sans risque, car c'est une fois la couche retirée que les bébés manifestent leur joie de se faire examiner... Pédiatre, métier à risques !

L'après-midi, la sage-femme me dit : « Bon Flavio, j'ai fait la liste des choses à faire cet après-midi. Je te la laisse et je pars en réunion. Si t'as besoin, tu appelles ! »
Wow. J'ai donc le service pour moi. Dès le deuxième jour, c'est un peu tôt, non ? Mais je ne m'inquiète pas ; si j'ai besoin, je sais que l'autre sage-femme est présente. Je prends donc la liste et m'en vais revoir les patientes que je dois examiner. Parfois, il s'agit juste de contrôler la tension, tandis que pour d'autres, je dois réaliser tout l'examen de suites. Je dois même reprendre avec une autre maman tous les conseils qui peuvent être donnés concernant son bébé : ne pas le coucher sur le ventre, ne pas le coucher sur le ventre, ne pas le coucher sur le ventre...
Je termine mon tour et je prends l'initiative d'entrer toutes les informations dans le système informatique. La sage-femme revient de sa réunion et on reprend ensemble la liste : ça c'est fait, ça c'est fait.. ça aussi j'ai fait.. ça ça a été.. et tout est enregistré ! « Ah super ! Bon ben c'est très bien, je peux repartir alors ! » conclue-t-elle, satisfaite. Eh, pas mal non ?

Outre l'administratif, on terminera la journée avec deux nouvelles prises de sang chez deux bébés, pour réaliser le test de Guthrie avant qu'ils ne quittent la Maternité. Ce test obligatoire sert à dépister des maladies telles que la phénylcétonurie, la mucoviscidose ou l'hypothyroïdie congénitale. Pour le réaliser, on récupère quelques gouttes de sang sur un buvard qui sera ensuite analysé.
Avant de réaliser la prise de sang chez le premier bébé, la sage-femme me prévient : « Regarde bien comment je fais, parce que tu vas faire le prochain ! » Gloups. Moi, piquer un bébé ? D'accord, je veux bien, je suis peut-être le champion des prises de sang selon un patient de chirurgie urologique, mais de là à piquer un bébé, sur une des toutes petites veines qu'il a sur la main... ça me parait fou. « Euh oui ok, d'accord, pas de problème ! » ai-je seulement répondu. J'observe alors attentivement comment la sage-femme procède, de la même manière que lors de la première prise de sang ce matin.
Nous allons ensuite chercher le second bébé. Je prépare le matériel, le bébé est installé et suce le doigt de sa mère. La sage-femme vérifie les veines du bébé et m'assure qu'il en a des belles : ça devrait le faire. Je me prépare à piquer et j'avoue ne pas oser trop appuyer sur la main du nourrisson : erreur, ça a déjà de la force. Je pique, je suis dedans ! Je comprime pour faire sortir une première goutte de sang. Pas de chance, elle ne tombe pas au bon endroit sur le buvard. La seconde s'échoue à côté, mais pas encore dans le mille. La troisième est bonne. Je dois en placer six. La quatrième et la cinquième sont bien placées aussi. Plus que trois ! Mais c'est à ce moment là que mon aiguille sort de la veine, suite à un mouvement du bébé. Il faut dire que ça ne doit pas être agréable. Mais l'incident est contenu : la sage-femme reprend la main et parvient à obtenir trois nouvelles gouttes directement sur la main du bébé. Le buvard est un peu tâché, mais ça devrait aller. Je fais un petit pansement pour le bébé, que je rends ensuite aux bons soins de sa mère. Nous rangeons le matériel et quittons la nurserie.
Malgré le petit raté, la sage-femme me félicite pour cette première ! J'étais assez content aussi, mais elle insiste et ajoute « Tous les étudiants n'y arrivent pas aussi bien du premier coup ! C'était bien ! » qui me laisse tout à la fois fier et gêné ! Ce compliment s'ajoute aux précédents et ça me fait vraiment plaisir.

La journée se termine avec les transmissions. Je commence à accuser la fatigue ce soir. Mais il faut que je reste jusqu'au bout pour faire remplir ma feuille d'évaluation. « Bon, je te mets encore des En Voie d'Acquisition, mais c'est normal. Disons qu'on ne peut pas encore te confier le service ! » précise la sage-femme, avant d'ajouter : « Encore que, cet après-midi, tu t'en es bien sorti ! »
Une fois de plus, je suis content. Je ne m'attendais pas à avoir ce genre de remarque très positive au bout de deux jours seulement ! Je dois dire qu'en tant qu'étudiant en deuxième année, je ne me sens évidemment pas encore très professionnel, ni toujours très sûr de moi, même si j'essaie de ne pas le montrer pour qu'on me fasse confiance. En vrai, je me sens parfois comme un débutant. Mais ce sont ces remarques qui me font comprendre que contrairement à ce que je peux penser, j'évolue dans la bonne direction. Je ne suis pas encore très professionnel, ça non, mais je ne suis déjà plus très débutant. Je commence à battre des ailes un peu plus par moi-même.

Je quitte finalement le service, les jambes en coton, mais je suis tellement content de ces deux premières gardes que j'en oublie assez vite la fatigue. Puis je n'oublie pas que les deux jours suivants, je suis en repos ! Un week-end en pleine semaine, c'est ça qui est bon !

Conclusion


Voilà pour ces deux premières gardes.

Je publie cet article juste avant d'aller me coucher, car dès demain, j'y retourne. J'accompagnerai sans doute une nouvelle sage-femme. J'espère que ça se passera aussi bien qu'avec la première mais a priori y a pas de raison que ça se passe autrement !
Je craignais que ce stage soit autrement plus.. chiant. Les sages-femmes sont les premières à le dire ; les suites de couches, ce n'est pas ce qu'il y a de plus passionnant. « Et ça plait encore moins aux hommes ! » m'aura-t-on précisé. Mais pour l'instant, j'aime bien. J'aime la dynamique du service ; j'y trouve d'ailleurs l'ambiance bien plus saine qu'à Angers. Là-bas, ça m'avait paru bien plus tendu. Était-ce une simple impression, liée au fait que je n'y connaissais rien et que j'étais moi-même plus stressé ? Possible aussi. En tout cas, j'ai un regard différent de celui que j'avais en Octobre et c'est tant mieux.

Je ne suis donc pas pressé que ça se termine !
... Je suis seulement un peu stressé pour mes tortues qui n'apprécient pas vraiment d'avoir quitté leur aquarium ; j'espère qu'elles vont tenir le choc jusqu'à ce qu'on rentre.

Sur ce, je vous dis à la prochaine !

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