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Stage SDC : Gardes 3 et 4

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[Stages] publié le 22/06/2015 à 22h24
« Alors dîtes-moi, qu'est-ce qui peut bien pousser un homme à faire sage-femme ? » - Une patiente

Avertissement : Cet article a été publié il y a déjà un certain moment.
Il se peut que son contenu ne reflète plus exactement ma pensée actuelle.

Salut tout le monde !

Deuxième billet concernant mon stage en suites de couches à l'hôpital du Mans. Je vais retracer ici mes troisième et quatrième gardes. Il ne m'en restera plus que deux avant de finir cet avant-dernier stage de l'année !

Vendredi 19 Juin : aujourd'hui je fais rien, et si j'ai pas fini, je continuerai demain !


J'ai quitté le service mardi soir, alors que de nombreux lits étaient encore occupés. Le nombre de femmes hospitalisées en suites de couches dépend immédiatement du nombre de femmes qui viennent accoucher. L'activité peut donc être très variable d'un jour sur l'autre, d'autant plus que le renouvellement est rapide. Je ne savais donc pas dans quel état j'allais retrouver le service, deux jours plus tard : très rempli ou vide ?

Je n'ai pas eu de réponse tout de suite : sur le tableau sur lequel sont notés les noms des patientes, il y avait encore pas mal de lits occupés. Huit peut-être, sur les dix normalement prévus. Ça allait donc, mais ça pouvait aussi se remplir très vite. À ceci près que sur les huit mères présentes, au moins quatre étaient prêtes à partir dans la matinée, après avoir reçu les derniers soins et la visite du pédiatre. La sage-femme a appelé un soignant en salle d'accouchement pour savoir ce qu'il en était chez eux : quasiment personne. Le programme de la journée s'annonçant très très calme, la sage-femme que j'ai suivi ce jour-là ne s'est vraiment pas affolée : ça allait être tranquille aujourd'hui. La journée a donc commencé doucement. Et elle s'est poursuivie doucement.

Après le classique petit-déjeuner post-transmissions, nous avons rendu visite à une patiente, peut-être deux tout au plus et nous avons assisté à une réunion organisée par une représentante de laboratoire, pour réaffirmer la non-toxicité de sa vitamine... C'était sans intérêt, mais ça a occupé une bonne part de la matinée. Chose appréciable cependant : la quantité de viennoiseries apportée par la représentante. Si on avait eu quelque chose de plus important à faire, ça aurait été une perte de temps sans fin. Mais dans le service, c'était loin d'être le cas. Nous avons quitté la réunion, mais le pédiatre y a assisté également et a été plus long à en ressortir.

Nous donc passé un bon bout de temps à attendre le retour du pédiatre, ne pouvant pas faire sortir les mamans tant que celui-ci n'a pas ausculté leur bébé. Ce n'est pas pour autant que nous avons fait des choses bien plus intéressantes à côté : c'est allé très vite de rendre visite aux quelques femmes dont la sortie n'était pas programmée pour aujourd'hui. Nous n'avons même pas eu à réaliser de soins particuliers...

Il était pas loin de midi quand le pédiatre est finalement passé voir les deux derniers bébés qu'il n'avait pas encore vu les jours précédents. Tout va bien pour eux et leur sortie est imminente : il ne reste plus qu'à réaliser la prise de sang obligatoire pour le test de Guthrie. J'en ai déjà fait un mardi, que j'avais bien réussi d'après la sage-femme présente ce jour-là. Alors j'ai tenté d'en réaliser un aujourd'hui. Je prépare tout le matériel nécessaire, j'installe l'enfant et je le pique finalement sous le regard de son père. Je presse la petite main du bébé pour faire couler du sang, mais rien ne vient. Chou blanc. La sage-femme reprend les choses en main : elle pique, elle comprime la main du bébé.. et toujours rien. Changement de main, troisième piqûre : rien. Je commence à comprendre que mon échec sur cette prise de sang ne semble pas qu'être le fait d'une maladresse de ma part : le sang du bébé est épais, il coule difficilement et coagule dans l'aiguille avant de perler à son extrémité. Impossible d'obtenir quoi que ce soit. La sage-femme décide finalement de piquer au pied, comme il était habituel auparavant -ça a été abandonné ; il parait que c'est plus douloureux pour les bébés. Au talon, le sang coule plus facilement que sur la main, mais il est encore difficile d'obtenir des gouttes suffisamment grosses pour analyser quoi que ce soit. La sage-femme s'efforce d'obtenir un maximum de petites gouttes pour remplir le buvard, avant que le point de ponction ne soit refermé. Trop tard : ça ne coule plus. La sage-femme pique sur l'autre pied, la seule extrémité qui n'a pas encore été malmenée. Les derniers emplacements du buvard sont finalement teintés de sang après de nombreux efforts pour obtenir une quantité de sang suffisante. Le bébé, pansé de partout, est finalement rendu à ses parents. Cinq piqûres pour ça, c'est pas mal ! Le couac de ma première est rapidement oublié après ça...
Deuxième bébé, deuxième Guthrie, deuxième essai. Mais nouvelle difficulté : je dois réussir à piquer le bébé dans les bras de sa mère, pendant que celle-ci lui donne le biberon. Misère... Je me retrouve à genoux par terre, à essayer de piquer correctement. Mouais, ben sans grande surprise, c'est pas ça. Je ne sais pas trop pourquoi je me suis loupé ; si j'ai piqué à côté, si la veine a roulé, si j'étais mal positionné.. peu importe, ça n'a pas marché. C'est un peu une histoire de chance tout ça, bien plus que chez les adultes : on ne repère la veine que visuellement, à peine plus large que quelques cheveux, le bébé n'est jamais tout à fait immobile... J'ai laissé à la sage-femme le soin de rattraper mon erreur...
Pas de Guthrie réussi ce vendredi. Tant pis !

Toutes les mamans sont finalement sorties avant la pause repas. L'après-midi a donc été extrêmement calme. Trop calme. Longue même. On a passé beaucoup de temps à ne rien faire. Un peu d'administratif, un peu de ci, un peu de ça. Ah si, il a fallu réaliser un ECG sur un bébé. C'était loin d'être mon premier ECG, j'en pose depuis l'été dernier, mais sur un bébé, jamais. Je pose les électrodes comme il faut, pas de problème. Mais au moment de les retirer, j'ai peut-être tiré un peu brusquement sur l'une d'elle et le bébé l'a manifesté en criant. Bah, c'est rien, je l'ai juste dérangé, mais ça arrive aussi aux adultes de se crisper quand on leur retire une électrode autocollante... Mais ça n'a évidemment pas échappé à la sage-femme, qui me répètera ensuite jusqu'à la fin de la journée que je dois être plus délicat ! Arf, pour si peu ! Et comme il y a eu peu de soins au cours de la journée, on se souvient du moindre petit truc...

La journée touchait à sa fin. Plus qu'une heure à occuper... La sage-femme, qui n'a plus rien à me faire faire, me propose une première fois de partir -elle a déjà rempli ma feuille d'évaluation plus tôt dans l'après-midi, pour s'occuper. Je refuse d'abord, je joue le jeu, même si c'est long. « Ça ne me dérange pas si tu vas sur Internet ou sur Facebook non plus tu sais... » me dit-elle alors. Je décline une nouvelle fois. Ce ne serait pas sérieux... On discute alors. Elle aussi est issue de l'école de sages-femmes d'Angers, alors on compare rapidement comment ça se passait avant et comment ça se passe maintenant, comment ça fonctionne à Angers et comment ça se passe au Mans, etc. Le temps passe un peu, plus que trente minutes avant l'arrivée de la sage-femme de nuit. La sage-femme me propose à nouveau de partir. Il ne s'est rien passé pendant qu'on discutait. Pas une sonnette, pas une maman qui a un problème, rien... Toujours aussi calme. Alors, sous son regard insistant, je suis parti.

Le rythme de la journée aura été inutilement fatigant. C'est connu que les suites de couches, c'est un service parfois peu intéressant. C'est d'autant plus vrai quand il n'y a rien à faire, qu'on a aucun prétexte pour aller voir les mamans et les bébés.. et que tout va bien ! On en viendrait presque à vouloir que ce soit plus chargé, pour que le poids de l'ennui cède au poids de l'activité !

Mais je l'ai dit : le rythme en suites de couches peut être très irrégulier d'une journée à l'autre. Demain, il y aura peut-être plus de mamans !

Samedi 20 Juin : première perfusion !


Nouvelle journée, nouvelle sage-femme et qu'une seule nouvelle maman. Je crains la nouvelle longue journée aussi... Ce serait vraiment dommage que sur un stage de seulement six gardes, deux soient peu occupées... Ce ne serait pas rentable.

Mais je me trompe : ce matin-là, les choses seront différentes et la sage-femme me l'annonce tout de suite. Avec elle, c'est moi qui fais, c'est elle qui regarde. Comme ça, peu importe la quantité de soins qu'il y aura dans la journée, je sais que je serai bien observé. C'est rarement comme ça que je suis le meilleur, mais c'est assurément de cette manière que les conseils que l'on pourra me donner seront les plus pertinents et directement en relation avec ce que j'ai fait.

Ainsi, après chaque patiente, la sage-femme a fait le debriefing de mes faits et gestes. Elle m'a par exemple incité à parler plus si nécessaire, à mieux réaliser mes observations, à poser plus de questions, etc. C'était sympa ! Bon, évidemment, c'est assez compliqué de tout mettre en place d'un coup, mais au fur et à mesure, j'ai essayé de tenir compte de ses remarques et d'améliorer ce que je faisais. Être plus fluide peut-être, plus engageant quand je dois réaliser un soin... Non pas que ça se passait mal avant, mais que ça pouvait être mieux. Et c'est vrai que toutes ces choses, c'est parfois difficile de s'en rendre compte. On a tendance à imiter la sage-femme ou l'infirmière qui nous enseigne la première fois, sans plus jamais trop toucher aux habitudes que l'on développe. Alors quand le soignant référent que l'on suit a des habitudes sensiblement différentes, on peut se retrouver à côté de la plaque, selon ses normes. Certaines remarques de la sage-femme m'ont semblé très intéressantes et souvent, je me suis rendu compte que je n'avais pas bénéficié de tels conseils avant. Faut dire que ce n'est pas à l'école en mimant simplement les gestes techniques sur Gertrude le mannequin que l'on développe nos phrases d'accroche pour engager un soin... C'est aussi ça l'intérêt des stages : se retrouver face à de vraies personnes. Il faut donc en profiter pour travailler l'aspect relationnel.
C'était formateur !

L'après-midi : nouvelle mission. Il y a des mamans anémiées des deux côtés du service. Il est donc décidé de leur administrer du fer par voie intra-veineuse. J'observe la technique auprès de l'autre sage-femme du service. En soi, ce n'est pas compliqué : il s'agit seulement de poser une perfusion avec un garde-veine, pendant que la tension de la patiente est surveillée régulièrement pour observer la bonne tolérance du produit. La perfusion doit également être bien posée car si le produit diffuse sous la peau faute d'être bien déversé dans la veine, il peut laisser des tâches indélébiles de couleur assez sympathique : pour vous donner une idée, la poche de perfusion ressemble à une poche de Coca-Cola. Bref, il faut que ce soit nickel.
Vous avez compris : si j'observe attentivement cette première pose, c'est parce que la sage-femme qui m'encadre aujourd'hui va immanquablement me demander de reproduire ensuite chez la patiente suivante. Je me retrouve donc dans le poste de soins, à préparer le matériel, sous la surveillance de la sage-femme. Pire qu'en condition d'évaluation ! J'en ai pourtant préparé des perfs, en chirurgie urologique. Mais je suis un peu perturbé par le matériel différent utilisé au Mans.. et la sage-femme qui me pose des questions, m'aide sur mes oublis et me demande à chaque fois si je suis sûr de moi, même quand c'est bon. Alors forcément à un moment donné, je tourne en rond, sans savoir quoi ajouter. Pourtant tout est prêt. Je redemande si c'est bon. « T'es sûr, on y va ? » demande-t-elle encore. Je hoche la tête, les lèvres crispées. « Ok ouais, on peut y aller alors ! » termine-t-elle avant de quitter le poste de soin.
Nous entrons dans la chambre de la patiente, j'installe le matériel. Pied à perfusion, tensiomètre, plateau avec gants, garrot, cathéter, plaque adhésive, compresses, mange-aiguille... Je m'installe à mon tour et je repère une bonne veine sur le poignet de la patiente. De l'autre côté, rien qui ne me convienne suffisamment. Pour ma première pose de perf, j'aimerais autant que la pose du cathéter soit réussie. Je me prépare donc à piquer : je désinfecte, je resserre le garrot, je pose une petite compresse sur la veine, j'aligne l'aiguille du cathéter et je pique. C'est une drôle de sensation de piquer avec ça, l'aiguille beaucoup plus grosse que pour les prises de sang. Je place mon cathéter, je retire le mandrin, ça saigne pas mal, j'enchaîne rapidement et fixe la tubulure de mon garde-veine en prenant garde autant que possible de ne pas lâcher mon cathéter. La petite compresse placée sur la veine est bien rouge de sang, mais j'ai bien contenue la fuite. En tout cas, mon cathéter tient et ma perfusion passe bien ! Je suis déjà soulagé d'avoir réussi cette première étape. Je fixe le cathéter avec la plaque adhésive avant qu'il ne s'échappe.
Bonne chose de faite. Je raccorde ensuite la poche contenant le fer ; la sage-femme règle le débit et c'est fini pour la pose. Il ne nous reste plus qu'à nous assurer que la patiente ne développe pas une réaction allergique au produit au cours des premières minutes. Nous restons donc à ses côtés pour surveiller.
Nous quittons finalement la chambre. Petit debrief avec la sage-femme donc ! Dans l'ensemble c'est plutôt positif : ma technique pour piquer est correcte, j'ai assez bien géré mes branchements. Mais j'aurais pu mieux réaliser les choses si j'avais rapproché mon pied à perf, ou si j'avais mieux tenu mon cathéter -et c'est vrai qu'à un moment, c'était très limite, il aurait pu ressortir-, etc. Ces conseils sont pertinents... mais pour une première, c'est quand même plutôt pas mal ! « Ah bon c'était ta première ?? » s'étonne-t-elle. « Mais tu ne me l'avais pas dit ! » - Ah bon ? Faut dire que tous les matins, on me demande ce que je sais faire, pas faire.. il est possible que ce samedi, j'ai oublié. « Je n'aurais peut-être pas dû te malmener autant sur la préparation alors ! Et je comprends mieux tes petites erreurs si c'était ta première ! » ajouta-t-elle encore. Comme quoi, elle ne devait vraiment pas être trop mauvaise cette première pose !

Plus tard dans l'après-midi, l'occasion de poser une nouvelle perfusion de fer s'est présentée avec l'autre sage-femme du service, mais elle a été moins glorieuse. Au moment de poser mon cathéter, j'ai malencontreusement appuyé sur un mécanisme que je ne connaissais pas, qui permet de rétracter automatiquement le mandrin. J'ai appuyé dessus disais-je, alors que mon cathéter n'était pas encore bien installé dans la veine. Ça a foutu ma ponction l'air, j'ai donc dû retirer ce qu'il restait de mon cathéter. C'est vraiment dommage. À Angers, les cathéters ne disposent pas de ce mécanisme, ce qui rend impossible ce genre d'événement.

Autre nouveau soin que j'ai eu l'occasion de pratiquer : l'injection intra-veineuse. Ce n'est pas plus compliqué qu'une prise de sang, si ce n'est qu'au lieu de remplir des tubes, il faut pousser sur une seringue pour injecter le produit. J'ai pu en réaliser deux, toujours sur des patientes de l'autre sage-femme. Sans problème. La chance était de mon côté ceci dit : des bras avec des veines-autoroutes, c'est toujours mieux !
J'étais content.

Ces soins ont occupé une bonne partie de la journée. Comme la veille, il y a eu quelques moments de mou dans le service, en raison du faible nombre de patientes (sept de notre côté du service en fin de journée), mais ça s'est moins ressenti grâce à tous ces soins !
La dernière surprise qui m'a été réservée par la sage-femme est arrivée lorsque la sage-femme de nuit est arrivée pour les transmissions : « Bon alors ce soir moi je dors, c'est Flavio qui te fait les transmissions. » - Ah ok. Trente minutes que je ne faisais plus rien, j'aurais pu les préparer, ou relire ma feuille peut-être, mais non. Bon, alors je me lance et je décris brièvement l'état des patientes présentes de notre côté du service et de leur bébé. Rien de bien compliqué ce soir, elles vont toutes bien et il n'y a pas de soins particuliers à prévoir pour le lendemain. Par moment, la sage-femme ajoute des précisions, mais je ne passe à côté de rien d'essentiel. Comme la sage-femme me l'a ensuite fait remarquer, je m'en suis peut-être mieux sorti en improvisant sur le coup que si j'avais eu le temps de stresser en les préparant !

La journée s'est achevée sur cette note positive et sur cette nouvelle expérience. Que demander de plus !

Conclusion


Voilà pour ce billet !

Je conclue rapidement parce que demain matin, j'y retourne et il est largement l'heure que j'aille me coucher pour être à peu près en forme. Plus que deux gardes ! J'espère simplement que ça se passera aussi bien que les précédentes !

On se retrouve donc pour le dernier résumé de ce stage en fin de semaine ! D'ici là, portez-vous bien, et pour la plupart d'entre vous, profitez bien des vacances qui commencent.. parce que moi, ça me paraît encore loin tout ça !

Ciao !

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