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Stage SDC : Gardes 5 et 6 (fin)

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[Stages] publié le 28/06/2015 à 20h52

Avertissement : Cet article a été publié il y a déjà un certain moment.
Il se peut que son contenu ne reflète plus exactement ma pensée actuelle.

Salut tout le monde !

Voilà le dernier billet consacré à mon stage en suites de couches. Celui-ci est maintenant terminé, mais dès demain commence le dernier stage de l'année, à savoir celui en salles de naissance.
Cet article devrait être bien plus court que les deux précédents ; je vais limiter au maximum les répétitions puisque j'ai déjà présenté la plupart des soins réalisés en suites de couches. Non pas que c'est toujours la même chose, mais les journées comportent toujours plus ou moins le même lot de soins à réaliser et le plus souvent : c'est moi qui m'y colle !

Mardi 23 Juin : voir à travers le ventre


J'ai commencé cette première de ces deux dernières gardes avec une crainte : que le service soit aussi vide qu'il ne l'avait été vendredi dernier. Ça aurait été agréable pour finir de ne pas avoir grand chose à faire et de ne pas trop se fatiguer, mais en stage, je préfère encore de loin avoir des soins à pratiquer que de regarder le plafond.
Question de ça, l'inquiétude a été vite balayée : la sage-femme de nuit n'a pas cessé de répéter « Ah bah vous allez vous amuser aujourd'hui ! Y a plein de césar' ! », comme si c'était une malédiction. « Ils en ont ouvert quatre dans la nuit ! » - Il est vrai que les femmes césarisées (les fameuses « césar' ») demandent un peu plus d'attention que les autres et un peu plus de soins, mais jamais rien de trop important. Une sonde urinaire à retirer, de l'aide au premier lever et les jours suivants, la surveillance de l'état de la cicatrice... En soi, c'est pas grand chose. Je relativise donc ce que la sage-femme de nuit annonce. La sage-femme que j'accompagnerai ce jour soulignera plus tard dans la matinée qu'aux transmissions de sa collègue, c'est toujours comme ça : « Elle exagère tout le temps ! À chaque fois pour elle, c'est la panique ! »

La sage-femme du jour est celle que j'ai suivie le vendredi précédent ; celle avec qui nous avions passé une journée très longue avec peu de choses à faire, celle qui m'avait reproché d'être peu délicat -moi qui suis pourtant doux comme un agneau. Bêêêh !
Première mission : une petite prise de sang, chez une des fameuses patientes césarisées. J'arrive avec mon petit plateau comportant le matériel nécessaire ; je me présente et annonce que je vais réaliser cette prise de sang. La patiente signale tout de suite que les prises de sang, ce n'est pas son truc. Elle n'en est plus à une près après sa grossesse, mais non, elle n'aime pas ça. Je lui assure que ça va aller en serrant le garrot. Je repère une veine au pli de son coude, manifestement pas très épaisse, ni visible, mais bien droite. Je m'en contenterai ! Pendant que j'ouvre mes compresses, que je désinfecte et que j'enfile mes gants, la patiente détourne son attention vers son conjoint et son bébé, avant de demander quelque chose à la sage-femme. La sage-femme quitte la pièce, sans doute pour aller chercher du matériel manquant. Tout le monde m'oublie, alors je pique. Le sang coule tout seul, c'est parfait. La patiente s'exclame : « Ben dîtes donc ! Vous êtes bien le premier à me piquer sans me faire mal ! » - Je reste concentré le temps de retirer l'aiguille sans la blesser à ce moment là non plus et réponds en plaisantant : « Ahaha c'est gentil, mais il fallait dire ça quand la sage-femme était là, qu'elle l'entende ! » - « Ah mais je peux lui répéter si vous voulez ! » répond la patiente. Je pose un pansement, je débarrasse mon matériel et sur ce, la sage-femme pénètre à nouveau dans la chambre. La patiente réitère alors son compliment et la sage-femme, apparemment surprise, de rebondir : « Et ben alors Flavio ! Toi qui étais si brute la semaine dernière ! Je note, je note ! »
Je quitte la chambre tout content et ravi que la patiente ait joué le jeu. C'était à la fois flatteur.. et amusant !

Je retirerai la sonde urinaire de cette même patiente au cours de la matinée. Là encore, la sage-femme fut très attentive à la façon dont je m'y prenais, pour que je sois le plus délicat possible. Rien à dire, je m'en suis sorti comme il fallait.

Le reste de la matinée a été occupé par d'autres soins mineurs. J'ai souvenir d'avoir pratiqué quelques injections d'anti-coagulants, d'avoir réalisé quelques examens de suites en suivant les conseils qui m'avaient été donnés les jours précédents, mais pas d'avoir réalisé de prises de sang chez des nourrissons ce matin-là. Pas grave : ça signifiait simplement que j'en aurai sûrement plus à faire le lendemain.
Nous avons surtout passé du temps avec des bébés dont l'allaitement maternel semblait bien laborieux.

L'après-midi, il ne s'est rien passé de particulier, hormis l'arrivée dans le service d'une femme encore enceinte et dont la césarienne était prévue pour le lendemain matin, en raison de la présentation en siège du bébé. La sage-femme a donc décidé de placer un monitoring sur le ventre de la patiente : c'est un pareil qui mesure à la fois l'amplitude des contractions utérines et les battements du cœur du fœtus, grâce à deux éléctrodes placées sur le ventre de la mère. La sage-femme m'a donc montré comment m'y prendre : pour placer correctement l'électrode enregistrant les battements cardiaques, il faut que celle-ci soit placée en regard du dos du fœtus. Il faut donc repérer la position de l'enfant dans le ventre de sa mère en essayant de deviner par la palpation, les courbures de la tête, du dos, des fesses, etc. Mais là, ça paraissait presque inutile : le fœtus était si grand dans le ventre de sa mère qu'on en voyait la forme sur la paroi abdominale à l'œil nu. La tête, la courbure du dos et la hanche se distinguaient très nettement sous la peau tendue du ventre de la mère. On voyait parfaitement l'enfant dans sa position fœtale alors que celui-ci n'était pas encore né. Je n'avais encore jamais vu ça, c'était impressionnant.

J'ai beau me creuser la mémoire, je ne me souviens plus de quoi que ce soit de plus concernant cette journée. Ce n'était en tout cas pas autant la course qu'annoncé. Ma sage-femme référente a même pu partir une heure plus tôt, me laissant avec l'autre sage-femme du service. Avant cela, elle a bien noté sur ma fiche d'évaluation que j'avais fait des progrès et que je m'étais appliqué à être moins brute dans mes soins. C'est toujours ça de pris !

Les transmissions du soir ont été assez rapides ; j'ai pu quitter le service et rentrer chez moi presque à l'heure !

Mercredi 24 Juin : dernière garde, derniers bébés, dernières mamans


Matin de la dernière journée. Étant donnée la journée de la veille, je savais à quoi m'attendre pour cette dernière garde : des tests de Guthrie. Ce mercredi, plusieurs bébés allaient fêter leur troisième jour de vie et allaient donc être prêts pour cette prise de sang. Dis comme ça, ça fait un peu glauque, mais c'est une bonne nouvelle : ce test est la dernière étape avant leur retour à la maison !

Dernière garde et dernière sage-femme que je suivrai. Je ne sais finalement pas si passer la dernière journée d'un stage avec un référent que l'on n'a pas suivi avant est une bonne ou une mauvaise chose, mais en tout cas, je dois avouer que celle-ci n'était vraiment pas, mais alors pas du tout du genre contraignante ! C'était donc parfait.

Une chambre sonne ; nous y allons. C'est une maman qui s'inquiète que son bébé ne boive pas toujours les mêmes quantités et à heures régulières, contrairement à ce qui est plus ou moins dit par les auxiliaires de puériculture. La patiente est au bord de la crise de larmes. La fatigue sans doute, la peur de mal faire aussi, la surcharge d'informations aussi... Mais la sage-femme la rassure, c'est normal.

Aujourd'hui, Guthrie donc. Deux ce matin ; je sors les plaquettes et le matériel nécessaire à la première piqûre. Nous allons chercher le premier bébé, mais celui-ci est au sein de sa mère. Nous allons donc chercher le deuxième, qui est prêt lui. Je l'installe comme il faut, je cherche une veine, je prépare le matériel nécessaire et je pique. Je fouille un peu avec l'aiguille, mais le sang finit très vite par couler. Je remplis le buvard, sans trop en mettre à côté. Il est plutôt réussi. Je panse le bébé, la sage-femme récupère le buvard.. et s'aperçoit que je n'ai pas utilisé le bon. J'ai zappé que nous n'avions finalement pas pris le bébé que nous voulions. Flûte. Je dois donc repiquer le bébé, alors que tout était nickel. Par chance, le bébé est parfaitement tranquille. Je pique donc une deuxième fois. Ça marche aussi bien que la première, peut-être même mieux. Je dépose des gouttes de sang sur le nouveau buvard, sans mettre un seul globule (oui) en dehors des emplacements prévus et ce, à une vitesse dingue. Toc, toc, toc.. Toc, toc, toc. Terminé. Le buvard est magnifique, je n'en ferai plus jamais d'aussi beaux. Dommage seulement d'avoir obtenu ce résultat après une première piqûre inutile...
Le deuxième test sera un peu moins brillant, le temps de réussir à faire couler du sang dans l'aiguille, mais j'y parviendrai quand même.
Hop, deux chambres libérées.

C'est après la visite médicale que nous seront amenés à piquer un troisième bébé : ce dernier présentant un léger ictère, le pédiatre a jugé bon d'en contrôler la situation sur une analyse sanguine. Un petit tube à remplir ainsi qu'un buvard ? Ohlala.
Je piquerai une première fois le bébé, sans parvenir à faire couler plus de quatre gouttes dans le tube. Très insuffisant. La sage-femme tentera sa chance à son tour, sans plus de résultat. Elle décida donc de faire réaliser cette prise de sang à l'étage inférieur, par une infirmière de néonat. Elle y parviendra du premier coup (avec une plus grosse aiguille, précisons-le), rendant possible l'examen biologique et la réalisation du test de Guthrie. C'est l'essentiel, mais ça a pris beaucoup de temps quand même.

Pour le reste de la matinée, même topo : quelques injections, quelques examens, mais pas de prises de sang chez les mamans. La sage-femme me laisse vadrouiller assez souvent tout seul dans les chambres, pendant que je m'applique à réaliser mes observations et à poser les bonnes questions. Si j'oublie moins souvent qu'auparavant de demander pour les douleurs et de vérifier la prise des antalgiques, j'oublie quasiment systématiquement de demander si les patientes sont allées aux toilettes... Que voulez-vous. C'était plus simple à ce niveau-là en chirurgie urologique : personne n'y allait !

Une chambre sonne ; j'y vais. C'est une maman arrivée dans la nuit qui s'inquiète que son bébé, âgé de quelques heures seulement, régurgite pas mal et ne boive pas grand chose de son biberon. Je sens l'inquiétude monter. Je la rassure, c'est normal.

Quand arrive l'heure de manger, que tout le monde a été vu et que tout le monde va bien, c'est signe que l'après-midi va être tranquille.. sauf si, le temps de manger, le téléphone sonne et qu'on nous annonce que des patientes vont entrer dans le service. Déjà, le retour de la patiente qui devait être césarisée ce matin. Je m'occuperai de la surveillance de ses constantes au cours de l'après-midi. Une autre patiente rejoindra également le service. Oh, puis une maman qui appelle après avoir quitté le service depuis quelques jours car le laboratoire l'a appelée et le test de Guthrie qui a été réalisé pour son enfant ne serait pas exploitable : il faudra donc le refaire.

Cette dernière arrivera en début d'après-midi. La sage-femme tentera de réaliser le Guthrie. Une première piqûre non concluante. Devra-t-on encore descendre en néonat pour piquer ce bébé ? La sage-femme décide d'appeler quand même, avant de décider de piquer au talon, comme il était habituel il y a encore peu de temps. Lentement mais sûrement, un nouveau buvard est rempli.

Le reste de l'après-midi, la sage-femme l'a principalement consacré aux tâches administratives. Alors, elle m'a suggéré d'aller revoir toutes les patientes du service, sous prétexte d'aller prendre leur température. Ainsi, j'ai pu me retrouver quelques instants avec chacune d'elle, le temps de prendre quelques nouvelles de leur état, de leurs douleurs, ou de répondre à leurs questions. Les réponses sont à base de c'est normal, ne vous inquiétez pas, etc. J'ai aussi pu revoir tous les bébés, histoire de leur faire un petit coucou pour mon dernier jour.
J'ai également pu parler un peu histoire de la maïeutique avec l'une des mamans et sa propre mère. Je me suis inspiré de ce que j'ai pu lire dans les vieux bouquins de médecine et des cours que nous avons eus pour expliquer quelles étaient certaines habitudes dans le temps : qu'on disait aux mamans de garder le lit longtemps -même si ça augmente le risque d'accident thrombo-vasculaire..-, qu'autrefois la question de la césarienne avait été aussi malmenée que celle de l'IVG... Ça m'a fait plaisir d'avoir eu cette occasion, non seulement pace que ça me plait évidemment de parler d'un de mes centres d'intérêt, mais aussi parce que je trouvais vraiment chouette de transmettre quelques connaissances sur le métier de sage-femme et l'histoire des accouchements.

La journée s'est terminée tranquillement. Vous l'aurez compris, les après-midi sont souvent plus calmes dans ce service : la plupart des soins sont réalisés le matin et les mamans sont généralement plus occupée l'après-midi par leur famille et leurs amis que par leurs douleurs ou leurs interrogations... Du coup, elles sonnent moins fréquemment !

Stage fini.
J'ai quitté le service à l'heure, après avoir fait remplir la dernière case de ma fiche d'évaluation. Pour ce dernier jour, tout est quasiment impeccable, c'est super. Je note seulement la remarque un peu vache de la sage-femme, comme quoi j'aurais réussi deux tests de Guthrie sur trois... Certes, mais il n'empêche que le troisième, elle ne l'a pas réussi non plus !!! Parfois, les appréciations les plus courtes sont les meilleures...

Évaluation


Juste un petit mot sur mon évaluation : mon stage est validé. Encore une fois, avec une appréciation un peu vache, mais cette fois-ci, vraiment.

J'ai essayé de me présenter à une cadre du service le premier jour. Celle-ci m'a renvoyé presque aussitôt vers une seconde cadre. Le deuxième jour, je vais voir cette seconde cadre, qui me dit qu'elle sera en vacances et qu'il incombera donc à la première cadre la tâche de m'évaluer -mais qu'elle apprécie que je sois venu ! Bien, jusque-là, c'est ok. Je n'ai plus eu l'occasion de recroiser cette première cadre et à vrai dire, je n'avais pas envie de la déranger à nouveau avant la fin du stage. Alors je suis allé la voir jeudi 25, le lendemain de la fin du stage donc. Elle me dit qu'elle n'a pas le temps ; je lui propose alors qu'on fasse ça demain. Elle est ok pour le lendemain et me fixe une heure. Vendredi 26, j'arrive à l'heure, la cadre n'a toujours pas le temps et m'envoie me faire évaluer chez une troisième cadre.

Je commence à me dire que ça devient vraiment galère pour faire remplir une simple feuille...

Cette troisième cadre me reçoit, me pose quelques questions sur le déroulement de mon stage, auxquelles je réponds tout enjoué de ce que j'ai découvert ces derniers jours. Notamment que j'étais toujours en quête de l'image de la sage-femme que je pourrais éventuellement devenir et que j'en avais eu une bien meilleure idée que celle que j'avais eue dix mois plus tôt à Angers. Elle répond par : « Ça aurait été bien que vous veniez vous présenter avant quand même, avec vos objectifs... » - Euh ouais. J'explique alors qu'au-delà des renvois successifs entre cadres, on ne m'a jamais redirigé vers elle. Ce à quoi elle rétorque que c'est normal, puisqu'elle n'est pas cadre en obstétrique normalement. Euh ouais ouais ouais. Même si je la trouve malvenue, j'accepte la remarque... Mais pourquoi s'est-elle sentie obligée de la noter sur la feuille d'évaluation ??? Pourquoi faire ?? Quel intérêt ? Le reste était super et elle tranche avec ça.

C'est dommage, parce que je n'avais que du bien à dire de ce stage. Et cette vacherie, ça a mis un coup à tout le plaisir que j'avais eu d'y être. Voilà, tout le monde est privé de belle conclusion !

Conclusion


Non, pour dire les choses vraiment, je n'ai pensé que du bien de ce stage. J'ai apprécié l'accueil que m'ont fait tous les membres de l'équipe soignante ; je me suis senti bien encadré dès le début et intégré très vite. Je le pense d'autant plus que le stage n'a duré que six jours et que c'est parfois tout juste assez pour se sentir à l'aise dans un service. Ici, dès le premier ou le deuxième jour, j'étais bien dedans.

Comme dit, je pense avoir découvert des aspects du métier de sage-femme, que je n'avais absolument pas perçus à Angers et dont je pense pourtant avoir réellement besoin pour trouver ce métier intéressant et agréable. Je parle ici de passer un peu de temps avec les patientes, non pas seulement parce qu'elles sont des femmes et parce qu'elles ont accouché, mais aussi parce qu'elles sont mères, qu'elles ont un enfant dont elles doivent s'occuper et qu'on est là pour les y aider. Sage-femme, en suites de couches, je commençais à croire que c'était seulement vérifier deux trois signes fonctionnels et distribuer du paracétamol pour la douleur, jusqu'à ce qu'on signe les ordonnances de sortie pour que la maman retourne chez elle avec son gamin qu'elle n'arrive pas à nourrir. J'avais presque ce souvenir des suites de couches. J'en ressors avec l'idée qu'on peut jouer un véritable rôle d'accompagnement auprès des familles et ça me plait beaucoup plus.

Voilà pour ce stage. Je commence le suivant demain matin. Il est déjà un peu tard pour dire que je vais me coucher tôt, mais c'est comme ça. Salles de naissance maintenant, avec les auxiliaires de puériculture. Ça va être un tout autre boulot... Je vous dirai ce qu'il en est la semaine prochaine !

Ciao !

PS : Il n'y aura sans doute pas de bilan du mois de Juin.

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