Accueil
Bio
Articles
Projets
Contact

Article

Stage SDN : résumé

807 0

[Stages] publié le 31/07/2015 à 11h38
« Just beat it. » - Mickael Jackson

On ne peut pas dire que mon dernier stage de l'année s'est très bien passé. Au point de me passer l'envie d'en parler sur ce blog pendant près de trois semaines...

Avertissement : Cet article a été publié il y a déjà un certain moment.
Il se peut que son contenu ne reflète plus exactement ma pensée actuelle.

Bonjour à tous,

Comme vous avez pu le constater, j'ai mis du temps avant de publier le résumé de mon dernier stage. J'avais prévu, comme d'habitude, de diviser ça en deux articles qui devaient paraître à l'issue de chaque semaine. Mais le stage ne s'est pas déroulé dans des circonstances idéales, à l'image de celles décrites lors du stage précédent, à l'hôpital du Mans. J'ai rédigé le premier des deux billets à temps, mais j'ai d'abord décidé de ne pas le publier et de le repousser au week-end suivant, en espérant pouvoir vous le présenter dans un meilleur état d'esprit. Il était également souhaité que je mette mieux en perspective, peut-être, les manquements de la première semaine avec les changements attendus de la seconde.

Le fait est, malheureusement, que cette seconde semaine n'a pas suffit à combler tous les défauts de la première et je n'avais aucune envie de publier sur ce blog deux articles longs, remplis de choses aussi désagréables à lire qu'à écrire. Je n'étais d'ailleurs pas en état de rédiger le second article à la sortie de ce stage. J'ai déjà du mal à m'attaquer à celui-ci.

Mais je tiens quand même au respect de la tradition : je ne me vois pas, du moins pas encore, manquer la rédaction d'un résumé de stage. Alors, plutôt que de vous proposer la retranscription classique, quotidienne, du déroulement du stage, j'ai décidé de mettre de côté tout ça pour ne retracer que ce que j'ai pensé de ce stage. Et vous l'avez compris : il a beau s'être déroulé à la maternité, c'était loin d'être rose.

Le dessert en premier


Avant de parler d'emblée des mauvaises choses, mettons d'abord en lumière ce que j'ai découvert au cours de ce stage.

Après une année à l'école de sages-femmes, c'était la première fois que je m'apprêtais à assister à un accouchement. C'est pas rien ! J'ai enfin pu découvrir la réalité de cet événement, que l'on ne cesse de nous faire miroiter comme le point central de notre profession. Voir, observer, comprendre avant de, plus tard, assister et faire. La première chose que je peux vous dire, c'est qu'à aucun moment, je n'ai été écœuré par ce que j'ai vu. C'est sans doute la crainte de tout le monde et c'était la mienne avant de voir le premier, mais je n'en ai rien ressenti. La vision de tout ça ne me fait strictement rien. Ça peut paraître idiot comme précision, mais c'est quand même une bonne chose, non ? Si ça n'avait pas été le cas, j'aurais été bien mal barré pour la suite !!

Mieux encore, j'ai eu l'occasion d'assister à une césarienne. Pour l'histoire, j'ai d'ailleurs assisté à celle-ci dès le premier jour, avant de voir un premier accouchement par voie basse. C'était une entrée en matière fort sympathique et j'étais sous les effets de l'adrénaline quand on m'a proposé d'aller au bloc ! Là non plus, pas de vertige, pas de sensation de malaise, rien. L'incision de l'abdomen, l'extraction du bébé de l'utérus puis la suture.. rien de tout cela ne m'a gêné. Et pourtant, le ventre vide et déjà le début de la journée dans les jambes, je craignais l'accident... Heureusement que tout s'est bien passé en tout cas ! C'était très intéressant à voir et j'ai adoré pouvoir être spectateur de l'intervention.

Enfin, l'objet principal de ce stage était de découvrir les salles d'accouchement à travers le rôle d'auxiliaire de puériculture. Ce sont les auxiliaires qui participent notamment à la réfection des salles après un accouchement : il faut tout nettoyer, mais aussi remplir les différents placards et chariots présents. La liste du matériel nécessaire est longue comme le bras et tout doit être à la bonne place et en bonne quantité. Ça n'a pas été simple au début, mais à force d'en faire, j'ai fini par connaître la liste par cœur : il suffit de regarder chacun des tiroirs pour savoir immédiatement ce qui manque. C'est assez long et fastidieux à faire en soi, mais ce sera très utile pour plus tard : quand viendra mon tour d'utiliser ce matériel, je serai sans doute très content de savoir où le trouver et à quoi correspond ce qu'on me demandera de chercher. Cet élément là du stage passe les tâches les plus rébarbatives comme faire le ménage, sortir les poubelles, etc. Encore que, faire tout ça aide aussi à se rendre compte du travail nécessaire au bon fonctionnement du service et quand on voit ce qui est fait en ce sens, ça ne donne qu'envie de faire ausi bien à son tour.

Voilà pour les aspects qui m'ont paru les plus intéressants au cours de ce stage. Pour le reste...

Ni bonjour, ni merde...


La première chose choquante lors de ce stage aura été la piètre qualité de l'accueil. Si, à ce niveau-là, on peut encore parler d'accueil. Lorsque je suis arrivé le premier jour -et il y avait une autre étudiante avec moi-, aucune des auxiliaires qui sont arrivées n'ont fait mine de s'intéresser à nous. Plusieurs d'entre elles d'ailleurs, n'ont pas même pas répondu à nos salutations. Ni bonjour, ni merde. Dès les premières minutes, j'étais déjà sur les nerfs. Le premier jour, c'est le plus important ; c'est celui où l'on découvre tout et tout le monde et notamment qui se chargera de notre formation au cours du stage. Et non seulement, personne ne semble se préoccuper de ça mais en plus, notre présence est complètement ignorée, dans un manque de respect élémentaire des plus excécrables.

Une seule des auxiliaires, manifestement plus sympathique que les autres -et plus jeune aussi- semblera suffisamment chaleureuse pour nous encadrer un peu. À vrai dire, ce premier jour, c'est l'autre étudiante, qui elle n'en était pas à son premier, qui m'aura le plus appris. Elle me confiera d'ailleurs qu'avec elle aussi, l'accueil et l'encadrement s'était très mal passé... Rassurant.

Je fais quoi ? Je rentre chez moi ?


Parlons-en de l'encadrement.

S'il est vrai que lors de chaque stage, le premier jour est parfois plus une simple journée d'observation qu'une journée de pratique le temps de trouver ses marques et de répérer les tâches à réaliser, les suivants s'accompagnent chaque jour de nouvelles missions qui me sont confiées. Mais ce processus ne s'engage que si chaque tâche réalisée m'est d'abord décrite et si sa réalisation s'inscrit dans une organisation qui a été clarifiée : en clair, si tout est préalablement expliqué. Non pas que je sois complètement débile et que je ne comprenne rien par moi-même, mais parce que faire, savoir refaire et prendre l'initiative de faire sont trois choses différentes. Je peux faire en imitant quelqu'un en train de faire. Je peux refaire quand j'ai intégré par moi-même la méthode pour faire. Mais je ne peux initier l'action que dans un environnement propice : un environnement dans lequel on m'a encouragé à faire, où l'on m'a confié la mission de faire, etc.

Sauf que les auxiliaires n'ont pas été du genre à déléguer. Elles travaillent en équipe et c'est une bonne chose. Mais quand elles sont quatre à nettoyer une chambre et qu'elles ne me confient pas expressément le nettoyage d'une zone par exemple, je me retrouve souvent dans la simple imitation, au risque de refaire ce qui a déjà été fait. Mieux encore, je me suis souvent retrouvé dans la position d'attendre que l'on me confie la réalisation de quelque chose, en regardant d'un air absent les autres travailler. Si ça, c'est pas du gâchis... Mais c'était peut-être dans la continuité de l'accueil : comme personne ne se sentait vraiment en charge de moi, personne ne se sentait vraiment obligé de confier ses tâches...

Alors vous me direz que j'aurais pu avoir l'idée de faire autre chose par moi-même, comme sortir les poubelles, préparer tel ou tel matériel.. bref, faire toute chose qui devrait être faite par la suite, étant donné que les auxiliaires sont occupées à la réalisation du reste. Ben figurez-vous que je l'ai eue, l'idée. Mais ce n'était jamais le bon moment ; elles préféraient systématiquement s'en charger de leur côté ou quand elles l'auraient décidé : « Non mais laisse Flavio, on fera ça après. » Bon. Ben ok alors. Mais en attendant, je fais quoi ? Je rentre chez moi ?

Certains jours, c'était carrément ça l'idée. Pour rappel, je sortais pourtant d'un stage avec des gardes de douze heures et ça me gênait de partir la moindre minute en avance quand on me le proposait. Là, des services de sept ou huit heures sans qu'il ne se passe rien, ça finissait par me gaver.

Porte tes couilles


Bon, il faut avouer que l'ennui ne venait pas toujours du manque de choses qu'on me demandait de faire -parce que je pense qu'on pourrait m'exploiter bien plus parfois-, mais aussi régulièrement du manque d'activité en salle : quand les dames présentes dans les salles n'étaient pas sur le point d'accoucher, ou certains jours, quand il n'y avait même pas de dames, il y avait conséquemment beaucoup moins d'accouchements auxquels assister ou de ménage à faire.

Mais qu'il y ait des dames dans les salles n'était pas synonyme pour moi de certitude d'assister à un accouchement. La raison ? Arf. Il fallait bien que je paye un jour le fait d'être un homme dans ce monde de femmes.

Jusque-là, ça ne m'avait pas posé problème. Ni pour entrer dans les chambres, ni pour réaliser des examens, ni même que lorsque je ne suis que spectateur d'un soin. Je me souviens encore de cette dame âgée et souffrante qui, en Juillet dernier, avait accepté que j'assiste à la toilette qui lui était faite. « Il en verra d'autres ! » s'était-elle contentée de dire, remettant à sa juste place la situation : celle d'un soin médical, technique, loin de toute conception érotisée ou sexualisée.

Mais dans ce service de salles d'accouchement, les choses n'ont pas été aussi simples. D'abord, en raison de cette habitude des auxiliaires de m'opposer l'entrée dans la salle avant qu'elles ne se soient présentées et aient demandé à la patiente si ma présence l'incommoderait. Inutile de vous dire combien de dames ont ainsi refusé ma présence au cours de ce stage, non pas parce que j'étais étudiant -car il y a une étudiante sage-femme avec la sage-femme dans tous les cas- mais sans doute parce qu'on m'avait présenté comme garçon. Certains jours, j'avais parfois jusqu'à trois refus... Là encore, je me suis demandé à plusieurs reprises quel était l'intérêt de ma présence en stage... J'aurais préféré avoir ces refus de face, c'est-à-dire après que la patiente m'ait réellement vu, moi simple étudiant haut comme trois pommes. Ça aurait déjà sans doute pu désamorcer quelques réticences...

Mais ! J'accepte malgré tout ces refus de patientes : ce sera sûrement différent dans les années à venir, car ma présence deviendra de plus en plus nécessaire jusqu'au jour où, garçon ou pas, je serai la sage-femme disponible et il n'y aura plus de réel choix possible pour la patiente. Mais pour l'instant, nécessaire, ma présence ne l'est pas vraiment pour le bon déroulement de l'accouchement. Alors si la patiente en décide, soit.

Mais quand le refus de me faire assister à un accouchement émane d'une auxiliaire... Je le prends différemment.

Troisième jour de stage : le service était calme.
J'étais tranquillement dans l'arsenal à chercher le matériel nécessaire pour remplir un chariot d'accouchement, quand une des auxiliaires est arrivée et m'a dit d'une seule traite, sans que je ne lui demande quoi que ce soit : « Désolée de ne pas t'avoir emmené tout à l'heure, mais la dame, tu comprends, ça a été difficile, elle est restée longtemps les jambes écartées... J'ai préféré... Tu aurais été une fille... Enfin moi ça ne me gêne pas... Mais là... Puis après l'allaitement c'était difficile aussi, elle est restée longtemps les seins à l'air... » avant d'ajouter : « Enfin tu vois, on était dans l'intimité pure là ! »
Attendez, quoi ? Pour commencer, je ne sais même pas de quelle dame elle me parle. Soit je suis resté trop longtemps à faire le ménage ou dans les différents locaux de réserve pour être au courant qu'une dame était venue accoucher, soit c'est une dame qui est passée en césarienne, soit... Bref, dans tous les cas, je n'étais au courant de rien.
Et ensuite... C'est quoi ces conneries ?! Elle ne veut pas que j'assiste à un accouchement, non pas parce que la patiente le refuse, mais parce que elle, ça la perturbe que je voie une femme nue ?? Mais on est où là ? On est bien au milieu de salles d'accouchement, non ?? C'est pas un petit peu normal que les femmes qui sont présentes soient les jambes écartées et le sexe exposé ?? Et putain quoi, quoi je ne suis pas une fille ? Et alors ??? Je suis étudiant sage-femme, pas étudiant proxénète. Tout les hommes sont des pervers, c'est ça l'idée ?
Clairement, quand je suis à l'hôpital, ça ne me fait ni chaud ni froid que les femmes aient les jambes ouvertes comme le delta du Nil.
Puis elle s'est rendue compte, l'auxiliaire, que 1. je n'en étais plus à ma première femme nue depuis longtemps et que 2. ce sera quand même mon boulot plus tard de les voir toutes nues ces femmes ? Et le jour où ces femmes là viendront accoucher et que je serai la seule sage-femme disponible, elles n'auront, elles, sans doute pas le culot de m'envoyer chier sous prétexte que je suis un homme. Même les femmes de confession musulmane, dont on dit qu'elles sont plus susceptibles de refuser la présence d'un homme, j'ai toujours pu les examiner librement en suites de couches.
Ça ne la gêne pas, mais ça la gêne quand même oui. Tu penses.
Ce que j'ai répondu ? « Oui oui oui, pas de problème, je comprends », histoire de faire le bon stagiaire obéissant. Mais j'ai quand même ajouté que, comme je vous l'ai dit, ce sera mon rôle de voir des femmes nues, histoire de souligner quand même la bêtise de son action. Je ne suis pas sûr qu'elle ait saisi, mais j'ai été très calme. J'aurais pu l'être beaucoup moins tellement la remarque était vexante.

Tout le reste de la journée, j'ai eu envie de péter un câble de colère. Heureusement, une bonne nouvelle est venue améliorer le bilan de cette journée : j'ai validé tous mes partiels. Pas de rattrapages. Et il fallait bien au moins ça pour me remettre de bonne humeur après cette troisième journée de stage.

Incohérences de l'évaluation


Et ça ne s'arrête malheureusement pas là...

Autant la qualité des journées était souvent dégradée pour toutes les raisons évoquées plus haut.. autant les appréciations que je recevais sur ma feuille et à l'oral ne me posaient pas de problème. Et de manière extrêmement pragmatique, je passais sur le reste -difficilement certes, mais tout de même- car ne m'importe en de telles conditions, que la validation du stage à la fin. Et tant que ça va en ce sens, ça va.
Au sixième jour, une journée durant laquelle il ne s'est pourtant rien passé, l'auxiliaire réalisant mon évaluation souligne même ma grande connaissance du vocabulaire médical et la culture associée à cet univers, ainsi que mes grandes capacités. Je me sentais donc prêt à mettre le paquet les deux derniers jours.

Et ben ça n'a pas été apprécié comme tel. Le septième jour, la même auxiliaire me fait les remarques exactement opposées à celles de la veille. Comme quoi, je manquerais cruellement d'initiative, de rapidité, de maîtrise, d'efficacité. Je suis tombé des nues ce soir-là.
On me reproche de manquer d'initiative. Allons bon : j'ai déjà dit que déléguer les tâches dans ce service ne semblait pas chose courante. Alors quand tout est en train d'être fait, prendre une initiative semble inopportun.. et quand j'en prenais une, comme d'avancer sur le nettoyage d'une chambre (sortir les poubelles par exemple), on me disait aussitôt : « Non mais laisse Flavio, on fera ça après... » Ok ok, très bien. Mais moi je ne fais plus rien alors.
On me reproche de ne pas être assez rapide. Par exemple lorsque je m'occupe d'un nouveau-né. Sans doute oui. Mais je n'ai pas d'enfant chez moi, je n'ai pas encore passé ma vie à les habiller et oui, il m'arrive de passer dix secondes pour trouver comment enfiler tel pyjama qui ne ressemble à aucun autre. Je prends peut-être mon temps oui, avec un bébé qui est calme, lorsqu'il faut lui donner les premiers soins. Oui et alors ? Il va se refroidir, sous la chaleur caniculaire de la lampe chauffante ? Pas à quelques minutes près. Mais il risque en tout cas de s'énerver si on le brusque, lui qui vient d'atterrir dans notre monde et non, moi je ne tiens pas à faire pleurer un bébé quand ce n'est pas nécessaire. Enfin, je préfère prendre mon temps et faire ça du mieux que je peux, au milieu de mes petites erreurs, plutôt que de torcher ça vite fait (torcher ça.. encore une fois, on parle d'un bébé...) et faire de grosses erreurs.
On me reproche de manquer de maîtrise et d'efficacité. « Ça fait six jours que tu es là et on dirait que t'es perdu ! » Ah bon ? Je croyais avoir de grandes capacités la veille. Merci pour ça, déjà. « Nous, on est formée en deux jours ! » Et nous, nous sommes formés en cinq ans. J'imagine que ce n'est pas pour rien.
J'ai également rappelé que les autres jours de stage n'avaient pas franchement été formateurs. Cet auxiliaire, âgée de vingt-deux ans, m'a ensuite lourdement interrogé sur mes aptitudes à exercer le métier de sage-femme, voire, ma volonté de. Comment dire. Venant d'un ancien professionnel très expérimenté, j'aurais peut-être encaissé la remarque. Mais d'une fille à peine plus âgée que moi et n'ayant pas fait d'études, ça passe moins bien. Juste comme ça, je rappelle que ça fait trois ans que je bosse dans ce sens. Alors me demander si c'est vraiment ce que je compte faire, m'occuper des gens, quand soi-même on n'a peut-être même pas le bac, c'est à la limite de l'indécence, si ce n'est de l'insulte. Je l'ai pris comme ça.
Enfin, accessoirement, il m'est également reproché d'être trop discret pendant les accouchements. Oui, c'est vrai, je suis discret par nature. Mais je préfère ne rien dire, plutôt que de dire une bêtise. Puis, entre la sage-femme, l'étudiante sage-femme, l'auxiliaire et le conjoint, il y a déjà bien assez de monde pour encourager. Moi, à mon petit niveau, je ne me sens pas tout à fait dans le ton...

Ce pénultième jour, j'ai quitté le service dans un nouvel état de rancœur, mais j'ai encore fait amende honorable, j'ai pris en compte les remarques afin de n'en tirer que ce qui était constructif. Avec l'auxiliaire, le marché était simple : le lendemain devait être ma meilleure journée, histoire de rattraper celle-ci.

Et le lendemain a été ma meilleure journée. Par chance, l'activité du service était propice à mon envolée. J'avais le vent dans le dos. Un accouchement assez vite, pendant lequel j'ai essayé d'être moins discret et qui m'a permis de m'occuper du nouveau-né ensuite. C'était mieux, plus rapide, mieux maîtrisé. Ce n'était pas parfait, certes, mais s'il y avait une progression à observer, la différence était nette. J'ai également pris soin de bien organiser mes transmissions écrites et là, on peut le dire, j'ai fait un sans faute dans la rédaction des informations dans le dossier et sur le service informatique.
La suite du service est allée crescendo. Il y avait de l'activité dans de nombreuses salles et il fallait donc remettre à neuf au plus vite celles qui avaient été libérées. Ça donnait de partout. J'ai rempli des chariots de salles qui n'était pas de ma responsabilité, histoire de montrer que je prenais des initiatives, que j'avais le sens du travail d'équipe. J'ai même nettoyé deux salles, intégralement seul, pendant que les auxiliaires s'occupaient d'autres et du bloc chirurgical où avait eu lieu une césarienne en urgence. Bref, à la fin de la journée, j'étais content de voir que mon travail avait servi à quelque chose : tout le monde a pu finir à l'heure et mon aide, pour refaire ces deux chambres notamment, y a sans doute contribué.

Devinez ce qu'a vu l'auxiliaire, elle ? Ce qu'elle a voulu voir. Et en réalité, elle n'a pas vu grand chose de cette dernière journée. Du coup, elle m'a mis une dernière appréciation plus mauvaise encore que la veille ; la pire appréciation que j'ai pu recevoir en stage et sûrement la pire qu'il m'a été donné de recevoir de ma vie. Encore une fois, venant d'une fille à peine plus âgée que moi, ça passe mal. Pire, je trouve ça injuste. Dégueulasse.
Une dernière fois, j'ai quitté le service la tête le plus haut possible. Mais cette fois, je ne vous cache pas que j'avais les larmes aux yeux.

Finir l'année comme ça. Voilà. C'est à vomir.

Conclusion


J'arrête là la rédaction de ce billet. Il m'aura fallu une dizaine de jours pour trouver la motivation de le rédiger, tellement aborder ces mauvais souvenirs m'agresse la mémoire. Mais le mois d'Août approche à présent et il est temps de passer à autre chose.

Vingt jours après la fin de ce stage, je n'ai toujours pas reçu l'évaluation finale et la validation : la cadre du service est partie en vacances avant que je ne puisse la rencontrer. Je lui ai donc laissé mes feuilles, accompagnées d'une lettre dans laquelle j'ai développé -de manière très édulcorée- les problèmes rencontrés au cours de ce stage, afin de justifier les deux dernières appréciations clairement mauvaises. Je suis toujours dans l'attente que ça remonte à l'école. Et pour être tout à fait honnête avec vous, je crains vraiment que cette validation n'arrive pas. J'ai passé un mois de Juillet dans une anxiété paralysante : l'envie et la motivation de rien, sinon de larver en attendant que le temps passe ; que le couperet tombe.
J'ai l'impression d'avoir souvent eu ce sentiment au cours de l'année, mais jamais avec une telle intensité. Et je n'avais pas été autant anxieux en deux ans de PACES. Je trouve ça fou quand même...

Alors que se passe-t-il si ce dernier stage n'est pas validé ? Dans la théorie, je devrais le repasser au cours de l'été, comme un stage de rattrapage. Sans ça, je suis censé redoubler.
Mais le mois de Juillet est achevé et je n'ai toujours pas de nouvelles. Et au mois d'Août, je pars en Italie.

Ça fait un an que je ne vis que pour y retourner à vrai dire. Entre le retour l'année dernière et aujourd'hui, il n'y a pas un seul jour au cours duquel je ne me suis pas attaché à l'idée de repartir en Italie. Le monde est mieux là-bas !

Bref, tout ça pour dire que la seule idée de repasser ce stage au mois d'Août et de sacrifier ce que j'attends depuis des mois, me donne une forte sensation de malaise. Je n'ai de toute façon plus rien à apprendre d'un tel stage, ou du moins, encadré de cette façon.

Mais je pense avoir surtout besoin de vacances. Des vraies.

On se retrouve demain pour le bilan du mois de Juillet. Ce billet étant à présent rédigé, on aura la liberté de parler d'autre chose !

Autres articles dans la même catégorie :
Stage PMI Le Mans : résumé (03/07/2018)
Stage SDN Sables d'Olonne : résumé (27/05/2018)
Stages SDN et Libéral : résumés (16/04/2018)

Commentaires

Pseudo :
Recopier « iglaip » à l'envers :