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Stage SDN : résumé

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[Stages] publié le 25/10/2015 à 23h25

J'ai un peu de retard dans la rédaction et la publication de ce résumé de stage, je l'avoue. Mais le planning est chargé en ce moment.. et on ne peut pas dire que j'ai bâclé l'article !
Dans ce résumé très complet donc, je vous raconte comment se sont déroulées mes premières gardes en salles de naissance : premières patientes en travail, premières péridurales... premiers accouchements !

Avertissement : Cet article a été publié il y a déjà un certain moment.
Il se peut que son contenu ne reflète plus exactement ma pensée actuelle.

Ciao tout le monde !

Désolé pour le retard de publication de ce billet, j'ai été trop occupé ces derniers jours pour rédiger le résumé de mon premier stage en salles de naissance de l'année au fur et à mesure -j'aurais pourtant dû, parce que c'est quand même sacrément long tout ça ! J'espère pour autant que ça ne s'en ressentira pas trop dans l'écriture et que j'arriverai à vous transmettre les choses les plus intéressantes !

Bonne lecture !

Garde 1 : Première garde, première nuit


Dimanche 4 Octobre. Il n'est pas loin de midi quand je me réveille. J'ai essayé autant que j'ai pu de veiller samedi soir histoire de décaler mon réveil car ce dimanche, j'allais travailler de nuit. Une première. Et pour le coup, ma première appréhension avant le début de ce stage, c'est évidemment celle de m'endormir vers trois ou quatre heures du matin. Ça risquerait d'être mal perçu...

Ce que j'appréhende aussi, c'est mon retour en salle de naissance. Même si le temps est passé et que j'ai pu digérer les choses, j'ai gardé un mauvais souvenir de mon dernier stage dans ce service, l'été dernier, en deuxième année. J'ai beau me dire que les conditions seront bien différentes, je reste méfiant ; je n'ai aucune envie que l'histoire se répète. Puis après un stage super sympa en Néonatalogie, ce serait vraiment dommage que le suivant se passe mal.
Mais il n'y a pas de raison que ça se passe mal, je sais à présent dans quel état d'esprit il faut être. Sans compter que cette année, je ne serai pas tout seul dans le service, puisque je serai accompagné de ma binôme de stage, ainsi que d'une de mes camarades, redoublante, qui connait bien le fonctionnement des salles. Si jamais cela se passait mal pour l'un d'entre nous, il y aurait toujours les autres pour soutenir et ça, c'est rassurant.

C'est finalement serein que ce dimanche après-midi, je me suis préparé pour cette première garde. J'ai décalé tous mes repas, pour manger vers dix-huit heures, peu avant de partir. J'ai également prévu deux autres tupperwares de pâtes : un pour la nuit, bien que je ne sache pas vers quelle heure il est usuel de manger en garde et un pour le lendemain matin, des fois qu'à huit heures, après la garde, un dîner (ou un petit-déjeuner, comme vous voulez) soit nécessaire. La faim justifie les moyens, non ?

Nous sommes arrivés dans le service pour vingt heures, sans trop savoir à quoi nous attendre en terme d'activité. Pour une première fois, on espérait pas trop de patientes, mais au moins une chacun, histoire que nous puissions faire des choses et surtout, que cela nous aide à rester éveillés.
C'était calme : il n'y avait finalement qu'une patiente en début de travail, dont le suivi reviendra à ma binôme. Ça me convenait très bien ; j'avais ainsi plus de temps pour me refamiliariser avec le service. Notre camarade plus expérimentée s'est d'ailleurs chargée de nous présenter en peu de temps tout ce que nous devions impérativement savoir pour que nous ne soyons pas perdus : que faire lorsqu'une patiente arrive, comment préparer les différentes perfusions, etc. Cela s'avèrera très utile par la suite !

Le calme n'a pas duré très longtemps. Une patiente est arrivée des urgences aux alentours de 21h20, tiraillée par ses contractions. J'ai décidé de suivre la sage-femme qui la prenait en charge. Seulement, tout s'est passé très vite. En vingt, maximum vingt-cinq minutes, la dame avait accouché. J'enfilais des gants pour assister la sage-femme que la tête du bébé était déjà sortie ! Heureusement que la sage-femme était prête.
Pour le coup, je n'ai pas appris grand chose sur le déroulement du travail, ni même sur l'accouchement en lui-même. C'est quand la pression est retombée que j'ai pu suivre la patiente de manière plus posée et participer notamment, à la surveillance du post-partum. Pendant une durée de deux heures minimum après l'accouchement, les patientes doivent rester en salle et sont examinées toutes les quinze minutes afin de prévenir toute complication (une hémorragie par exemple).
La patiente n'est donc remontée en suites de couches que vers minuit. De mon côté, les effets de l'adrénaline libérée après l'accouchement se faisaient encore sentir. Je n'ai pas réalisé tout de suite. Ça s'est passé si vite.. puis c'était le premier ! J'en ai le cœur qui s'accélère rien qu'à l'écrire, des jours après !

Dans le reste du service, il n'y a pas eu beaucoup plus d'activité entre temps. La patiente de ma binôme était toujours en travail, avançant lentement mais sûrement. Les sages-femmes nous ont donc laissé aller manger peu après le départ de la patiente que je suivais et de sa petite fille.
Bon, c'est un peu particulier de manger au milieu de la nuit. Pour citer ma binôme : « Il est 1h30, je mange du chou, normal. » Vous l'avez compris, j'ai préféré opté pour mes pâtes plutôt que de me fier à la nourriture fournie aux étudiants par l'hôpital. De toute façon, je ne sais pas à quoi ressemble un chou en vrai.

Le reste de la nuit... bah rien. Mais alors rien de rien. La plupart des sages-femmes dormaient ou lisaient leurs romans pour passer le temps. Je me suis occupé en lisant un manuel d'obstétrique disponible dans le service, ce qui m'a permis de concrétiser un peu certaines choses que nous allions voir au cours de ce stage : le travail, la dilatation du col utérin, la présentation de l'enfant dans le bassin, etc. La nuit est passée tranquillement. Je n'avais toujours pas envie de dormir, retourné que j'étais par l'accouchement en début de nuit.

Une jeune patiente est arrivée aux alentours de 6h. Menace d'accouchement prématuré. Sympathique pour terminer la garde. Elle a été prise en charge par une autre sage-femme que celle que je suivais à l'origine, mais étant donné le peu d'activité en service, j'ai choisi de l'accompagner aussi.
Il s'agissait de donner régulièrement à la patiente des médicaments visant à limiter ses contractions utérines (des inhibiteurs calciques) et de préparer le bébé à une naissance prématurée si jamais elle devait avoir lieu : pour ce faire, on injecte des corticoïdes à la mère, qui auront pour rôle de maturer les poumons du bébé précocement, pour que ce dernier soit capable de respirer plus facilement à la naissance. J'ai distribué les médicaments, j'ai préparé et réalisé l'injection. La sage-femme me donnera d'ailleurs des conseils sur ce geste, que je retiendrai ; sa maîtrise gestuelle de la seringue m'a paru bien plus efficace que tout ce que j'avais vu jusqu'alors. C'est bête, mais entre bien réaliser un soin et le faire avec une telle dextérité, il y a encore un niveau à atteindre, et tout conseil est bon à recevoir pour progresser.

La patiente finira par s'endormir après une nuit agitée. Pour nous, l'heure de fin de garde arriva.

Je fis remplir mon dossier d'évaluation. La nuit avait été sympa, mais elle n'avait pas été si différente des premiers jours de stage dans les autres services. Je m'attendais donc à avoir des appréciations modérées, en accord avec les remarques qui m'avaient été faites. Et bien au contraire, les deux sages-femmes que j'ai accompagnées au cours de la nuit ont clairement souligné que c'était une bonne garde ! Ah, leur jugement était sans doute influencé positivement parce qu'elles avaient pu se reposer la majeure partie de la nuit, mais moi, ça m'arrange ! J'ai pu rentrer me changer à l'école tout content de cette première garde.

La journée s'est terminée... enfin la nuit s'est terminée ; pour le commun des mortels, la journée commençait tout juste. C'est marrant de voir tout le monde partir au boulot, à la fac ou au bahut dans le tram le matin. Je suis rentré chez moi alors que le jour se levait donc. La lumière des tortues venait de s'allumer. Je les ai nourries, j'ai moi-même mangé mes pâtes au ptit-déj et je n'ai pas tardé à me coucher. Une fois chez moi, l'excitation de la nuit s'était enfin dissipée !

Garde 2 : Premières fois !


C'est motivé après cette première garde que je suis parti de chez moi pour la seconde ! Et reposé surtout. Lundi 5, j'ai dormi une bonne partie de la journée, avant de passer une journée de repos tranquille mardi. Ce mercredi matin, j'étais refait. M'enfin une garde de jour, ça a quand même l'inconvénient notable de devoir se lever tôt le matin.

La journée a été extrêmement lisse. J'entends par là qu'elle s'est déroulée d'un bout à l'autre sans qu'aucun événement ne vienne perturber le cours de ce que nous étions en train de faire. En clair : c'était cool.
J'ai suivi une nouvelle sage-femme, avec qui nous nous sommes occupés d'une patiente que nous avons mis au bain. Elle en est sortie, nous l'avons accompagnée dans la salle d'accouchement et l'y avons installée. Et la journée a vraiment commencé : la patiente n'était qu'en tout début de travail, ça promettait de durer un moment, il allait falloir en suivre l'évolution.

Pour la première fois donc, j'ai pu découvrir en quoi consistait la surveillance d'une patiente en travail : examiner la dilatation du col toutes les heures, surveiller le rythme cardiaque du bébé et les contractions de la mère, s'assurer que la patiente va bien. J'ai ainsi réalisé mes premiers touchers vaginaux et constater que ce n'est pas forcément évident de déterminer les caractéristiques du col utérin ou la présentation du bébé. Mais les explications de la sage-femme étaient claires et j'ai pu prendre de l'aisance assez rapidement, même s'il est arrivé que je ne sois pas tout à fait sûr de moi !
Toutes les heures donc, à la minute près, nous allions rendre visite à la patiente, nous prenions des nouvelles de son état et nous l'examinions. S'en suivait alors, en dehors de la salle d'accouchement, le remplissage du partogramme. Le partogramme, c'est un tableau sur lequel nous notons l'avancement du travail heure par heure : l'état de la dilatation et l'aspect du col, l'engagement du bébé, les constantes de la mère, l'analyse du rythme cardiaque du bébé, la fréquence des contractions et les médicaments qui sont administrés à la patiente. C'est assez technique et il y a toute une méthode à acquérir avant de savoir réaliser un partogramme parfait, mais encore une fois, j'ai appris beaucoup de choses grâce aux explications qui m'étaient données. Pour mon premier partogramme, c'était plutôt pas mal !

La journée a donc avancé au rythme de ces visites horaires. De 8h à 18h, nous n'avons fait que ça. Et aucune autre patiente n'est arrivée dans l'intervalle pour perturber ce rythme. C'était vraiment une journée idéale pour tout apprendre du suivi du travail. J'ai également pu assister à la pose de la péridurale et découvrir les éléments nécessaires aux anesthésistes, ainsi que la préparation de la patiente.

Jusqu'à 18h disais-je. C'est vers cette heure-là que la patiente s'est mise à vouloir pousser. Alors on s'y est mis. J'avais préparé la table d'accouchement -ma première !-, tout était en place. J'étais en tenue, j'avais mes gants. Il a fallu plusieurs minutes et beaucoup d'efforts de la patiente avant que le bébé ne puisse sortir sa tête, mais il y est parvenu et à ce moment-là, la sage-femme qui dirigeait les choses s'est retournée une demi-seconde vers moi, juste le temps de dire « Vas-y, mets tes mains si tu veux ! »
J'ai écarquillé les yeux, j'ai pris sa place et le cou du bébé entre quatre doigts et sa tête légèrement contenue dans mes paumes, mes mains dans celles de la sage-femme, j'ai pu l'aider à faire passer ses épaules, avant que le reste ne suive et déposer le bébé sur le ventre de sa mère. Ça y est, c'était fait.

Mon premier accouchement. Un petit garçon.

La délivrance ne s'est pas faite attendre, tout s'est bien déroulé.

Nous avons réinstallé la patiente avec son bébé, satisfaits d'avoir pu la suivre jusqu'à l'accouchement. Nous avons achevé de la prendre en charge une heure et demi plus tard finalement, sur les coups de 20h, après nous être assurés que tout allait bien. La sage-femme suivante se chargera d'examiner le nouveau-né.

La journée s'est donc terminée ainsi. Difficile de faire mieux ! Tout le monde était content ; on serait cru dans une de ces histoires où tout fini bien, où ils vécurent heureux et eurent.. et ben pour commencer, un premier enfant !

La sage-femme avait des obligations ce soir-là, elle n'a donc pas eu le temps de remplir mon rapport de stage dès la fin du service. « Mais c'est très bien en tout cas ! Continue comme ça ! » a-t-elle néanmoins précisé. Et oui, l'histoire se termine bien.. jusqu'au bout !

Je récapitule : premier suivi de travail, premiers touchers vaginaux, premier partogramme, première péridurale, premier accouchement, premier garçon. Ça en fait des choses.. pour une deuxième journée !

Garde 3 : Un tour de cadran


Jeudi.

Jeudi, c'est le jour de l'UE Libre, qui se déroule pour moi à la fac de sciences. Ce jeudi, c'est aussi le jour de ma troisième garde. Enfin, le jour... La nuit devrais-je dire, une nouvelle fois. Mais à cause de cette UE, j'ai cours avant et ma journée sera déjà amplement occupée sans même qu'il soit besoin d'ajouter une garde ensuite. Il n'est que 11h quand je me lève. Ah, que j'aurais aimé dormir plus. Je ne pars en cours que vers 15h30, le temps pour moi de rejoindre la fac à pied, en passant par l'étang Saint-Nicolas comme j'en ai l'habitude depuis l'an dernier. C'est ma petite balade en forêt hebdomadaire, je l'aime bien.
Le cours (sur l'histoire de l'informatique cette fois) s'est déroulé de 16h30 à 18h30, tout pile. J'ai essayé de ne pas trop penser au fait que la journée était loin d'être finie, malgré les discussions des étudiants ravis de rentrer chez eux pour aller se reposer. Je suis sorti dès la fin du cours, j'ai réussi à choper un bus pour rejoindre le centre-ville, puis le tram, pour rejoindre l'école de sages-femmes. Il me restait 40-45 minutes avant de partir en garde. Un petit-déjeuner plus tard (oui, à 19h, mais voilà, il faut s'habituer), j'étais prêt. Plus que douze heures. Allez, courage.

À peine sommmes-nous arrivés dans le service avec mes camarades que la sage-femme qui m'a encadré la veille m'interpelle. C'est pour mon rapport de stage, me dis-je. « Flavio ! Y a une une bouteille à toi sur le bureau ! » me dit-elle avec un grand sourire. Ah, non, ce n'est pas pour ça alors.
Je la regarde, je fronce les sourcils, je ne sais même pas quoi répondre. Je vois bien du coin de l'œil les bouteilles d'eau en plastique des différents soignants, mais moi je n'en apporte jamais. Je ne comprends donc pas de quoi elle me parle. J'ai fait quoi comme bêtise depuis hier ? Je viens d'arriver ! « C'est pour toi ! » insiste-t-elle pourtant. Je regarde à nouveau les bouteilles, perplexe, alors que la sage-femme ajoute : « C'est les parents d'hier, c'est un cadeau ! »
Je regarde à nouveau en direction du bureau et détourne mon regard d'un demi-degré sur la droite pour y découvrir une bouteille de vin, trônant à côté des bouteilles d'eau. Merde alors !! Je reste sans mot, dans l'incompréhension la plus totale. Pour une surprise... Mes camarades se réjouissent pour moi ; ça me laisse le champ libre pour rester gêné. Je n'avais jamais envisagé que ça puisse arriver, encore moins pendant que je suis étudiant et encore encore moins pour mon « premier » accouchement !
« J'ai rempli ton rapport, je te laisserai regarder, mais c'était très bien ! Et pour la bouteille, ça n'arrive pas souvent, profites-en bien ! » me dit la sage-femme, avant de quitter le service. C'est encore sous le coup de la surprise que je la remercie et que je commence cette garde.


J'ai trouvé une sage-femme à accompagner et la nuit a commencé par le relai d'équipe : il s'agissait de surveiller une patiente qui venait d'accoucher. J'ai pu revoir avec la sage-femme l'organisation de cette surveillance, dans le but de pouvoir les pratiquer de manière plus autonome les fois suivantes. Elle m'a par exemple encadré dans la réalisation d'un sondage urinaire, chose que je n'avais pas encore pu faire jusqu'à présent. Pourtant, c'est pas faute d'avoir vu ça pas mal de fois depuis mes débuts, tant en théorie qu'en pratique. J'ai beaucoup aimé l'organisation de cette sage-femme.

La patiente est finalement montée en suites de couches. Mais quand une patiente s'en va, une autre s'en vient.

Celle-ci est arrivée avec des contractions importantes et pour la soulager, il lui a été proposer de se mettre dans le bain. Elle y est restée une heure, après quoi ses contractions sont redevenues trop importantes. Elle en est donc sortie et je l'ai accompagnée tant bien que mal jusqu'à la salle d'accouchement qui avait été préparée pour elle. Accusant une contraction, la patiente s'est crispée et s'est déperfusée à mi-chemin. Comme si une petite effusion de sang à ce moment-là était nécessaire...
Dans la douleur, nous aidons la patiente à s'installer et faisons venir rapidement l'équipe d'anesthésistes pour que lui soit posée une péridurale au plus vite.
Mais voilà, il arrive parfois que ce qui doit se passer en six heures se déroule en quelques minutes. La patiente, dont le col n'était pas totalement dilaté, a eu le loisir de s'y mettre en quelques instants et soudain, bébé était là. À peine étions-nous en train de tout mettre en place dans l'éventualité qu'un accouchement rapide arriverait, que la dame avait accouché : la sage-femme achevait de préparer sa table, pendant que je préparais une seringue d'ocytocine pour la délivrance.. alors que les anesthésistes étaient encore là, leur préparation interrompue très précocement ! La patiente n'a poussé que deux, peut-être trois fois, pour donner naissance à son enfant.. qui commençait sérieusement à la gêner, à en croire la douleur qu'elle exprimait !
Il est né vite, mais ça s'est très bien passé.

Bon enfin, le bébé, c'est une chose. Le placenta, c'en est une autre. Pour cette patiente, la délivrance n'a pas été aussi rapide que l'expulsion. Elle a fini par avoir lieu, mais en raison des saignements, une révision utérine s'est imposée. J'avais déjà pu observer ce geste l'été dernier, mais je ne l'avais pas aussi bien compris.
Ça s'est bien terminé, mais on aurait tous apprécié après une naissance pareille ne pas avoir à en passer par là.
J'ai pu suivre la patiente ensuite et réaliser le bilan des deux heures comme appris précédemment. J'ai amélioré ma technique de le sondage urinaire grâce aux conseils de la sage-femme. Ce n'est pas forcément très évident au début mais ça n'a strictement rien de sorcier.

Je n'ai mangé qu'assez tard dans la nuit finalement. Je n'avais de toute façon pas la tête à ça au cours des heures précédentes. Je ne pensais pas non plus aux heures écoulées depuis mon réveil. Sans doute les effets prolongés de cette montée d'adrénaline « péri-partum » ! Les moments qui ont suivi ce retour au calme m'ont permis d'atterir un peu.

Une nouvelle patiente est arrivée en fin de nuit et avec elle, la possibilité d'un nouvel accouchement, mais on en laissera finalement l'accompagnement aux bons soins de la sage-femme de l'équipe suivante. Ce fut cependant l'occasion de voir à nouveau comment se surveillait une dame en travail.

La garde s'est terminée. Pour la troisième fois consécutive, la sage-femme a été très positive dans mon évaluation, en soulignant notamment mes efforts pour améliorer mon organisation, après avoir intégré ses explications. C'est chouette, car les progrès en fin de garde ne compensent pas toujours les maladresses de début de garde pour tous les soignants. C'est pourtant plus encourageant de savoir qu'une garde n'a pas servi à rien !

J'ai quitté le service une nouvelle fois satisfait.. et j'ai emporté la bouteille de vin qui m'était réservée. Je n'avais pas osé la ranger dans mon sac, des fois que quelqu'un me dise quelque chose. Toute la nuit, j'ai donc pu entendre les différents soignants lancer des c'est à qui ça dites donc ! aussi curieux qu'admiratifs. C'était amusant, mais toujours aussi gênant !
Avant de retourner me changer à l'école de sages-femmes, j'ai donc pris l'initiative d'aller saluer la patiente en suites de couches. Je tenais vraiment à la remercier parce que... bah quand même, c'est la moindre des choses ! Puis c'était l'occasion de m'assurer que tout allait bien pour elle et son petit garçon.

Ce n'est qu'ensuite que je suis rentré. Fatigué, mais surtout dans un état particulier. Le début de ma journée me semblait si loin à présent ! Si je me souvenais m'être levé, avoir mangé puis être parti en cours à la fac, après une balade en forêt ? À peine ! Ça semblait improbable que tout cela se soit passé dans les dernières vingt-trois, vingt-quatre heures.
Je me suis couché. En prenant soin de mettre un réveil pour retourner de nouveau à l'hôpital cinq ou six heures plus tard pour le bilan de mi-stage.

Le bilan de mi-stage, c'est l'occasion de rencontrer l'une sage-femme cadre et référente des étudiants en stage, afin de faire le point sur le déroulé de nos premières gardes. En ce qui me concerne, tout se passant bien, le bilan s'est bien passé également. J'ai néanmoins pu évoquer pour la première fois les événements fâcheux qui avaient pu faire de mon premier stage en salle de naissance le pire stage de ma deuxième année -sans entrer dans les détails toutefois, ne souhaitant pas faire une montagne de ces événements, bien loins à présent.

Je suis rentré rapidement et je me suis recouché !

Garde 4 : Avoir une fille...


Dimanche 11 Octobre, deuxième moitié du stage, nouvelle garde.

Il parait que la fin de semaine a été infernale pour les sages-femmes. De nombreuses patientes ont choisi d'accoucher au même moment... En ce dimanche, ça semblait se calmer. Mais il y avait quand même du travail pour tout le monde. Je n'entrerai pas grandement dans le détail, mais j'ai eu à suivre plusieurs patientes en même temps. Aussitôt nous finissions d'en examiner une que nous enchaînions avec la seconde, voire la troisième à certains moments de la journée.

J'ai eu le sentiment, en fin de journée, de ne pas avoir cessé de préparer des perfusions, parce que telle poche se terminait, telle patiente avait besoin d'un antibiotique ou de paracétamol... J'ai assisté à la pose de plusieurs péridurales également, et préparer moi-même l'une des patientes pour le geste.

Pour autant, malgré le rythme soutenu, les choses se sont plutôt bien réparties ; nos patientes n'ayant pas eu la même avancée dans leur travail. Ça s'est bien goupillé, même si nous avons été parfois été décalés dans la régularité de nos visites.

La première patiente a accouché en première moitié de journée, d'une fille, pour laquelle j'ai de nouveau pu aider à l'expulsion. Mieux que ça même, la sage-femme m'a expliqué comment clamper le cordon, avant que je ne donne les ciseaux au père pour qu'il le coupe.
Ce fût donc ma première petite fille.
J'ai également eu l'occasion d'assister à la naissance d'un autre bébé en fin de journée, mais cette fois, la sage-femme ne m'a pas impliqué. Je ne saurais vous dire pourquoi, je n'ai pas demandé et je n'ai pas eu de retours sur ce point. Sans doute l'envie que ça se passe vite et bien après une journée chargée.

En tout cas j'ai pu suivre ces patientes durant les deux heures qui ont suivi l'accouchement et réaliser tous les soins et toutes les surveillances nécessaires, comme je l'avais bien intégré à la garde précédente.

Le poids de la journée s'est fait sentir à 20h surtout, lorsque, à la fin de la garde, la sage-femme devait encore consigner dans les dossiers les dernières informations. J'aurais bien joué le jeu et rester jusqu'à ce qu'elle ait terminé, mais elle a insisté pour que je lui laisse mon rapport de stage qu'elle compléterait plus tard et que je rentre.

J'étais content de ma journée, notamment d'avoir pu participer à un accouchement, mais la fatigue a commencé à se faire sentir. Pas vraiment la fatigue de fin de garde, plutôt celle plus insidieuse, à force d'enchaîner. Les changements d'horaires à chaque fois, ce n'est pas de tout repos non plus ; un coup jour, un coup nuit. On ne ressent plus le temps passer de la même façon.

Mais on s'y habitue !

Garde 5 : Garde m'ouais


Pénultième garde ! Et de nouveau de nuit. C'est fini les gardes de jour ; on en aura eu deux pour quatre nuits. Elles ne sont pas reposantes, c'est certain, mais j'aime bien l'ambiance quand même.

Pour cette nuit, j'ai retrouvé la sage-femme que j'ai accompagnée lors de ma deuxième garde. J'en étais ravi, parce que cette garde s'était très bien déroulée (sans compter la bouteille de vin le lendemain :p) et j'apprécie toujours la possibilité d'avoir deux fois un même soignant au cours d'un stage ; ça permet souvent de faire plus de choses et d'avoir un suivi.

Mais ça n'a pas été mon ressenti finalement, car non seulement la nuit a été calme et j'ai eu l'impression de faire des erreurs qui du coup, se sont plus remarquées. Je pense avoir manqué de concentration en début de garde, je ne me suis pas senti dedans. Même si dans l'ensemble, tout s'est bien passé, je pense que j'aurais pu faire globalement mieux au cours de cette garde.
Remarquez, il y a des erreurs qui sont liées au fait que j'ai eu deux autres sages-femmes, aux manières de travailler différentes donc pour des détails d'organisation, mes méthodes étaient peut-être plus discutables pour cette sage-femme que pour une autre. Mais ceci est inhérent à chaque stage, c'est normal. L'essentiel, c'est de faire la part des choses entre ce qui fonctionne, ce qui fonctionne moins bien et réussir à se situer dans chaque situation. Ça vient en faisant.

Bon, ceci dit, il ne s'est pas passé grand chose non plus au cours de cette garde. Une patiente à préparer et à remonter en suites de couches en début de nuit, puis nous avons suivi le travail d'une patiente jusqu'au matin. Toute cette partie-là s'est bien déroulée. Nous n'avons pas eu la chance d'assister à l'accouchement, c'est la sage-femme de jour qui a pris le relai qui s'en est chargée.

Je suis rentré chez moi un peu fatigué, mais surtout, désorienté par l'heure. On était mardi matin à présent, mais je parlais encore de ma quatrième garde comme de la garde d'hier, alors qu'elle s'était déroulée dans la journée de dimanche. Ceci parce que je n'ai pas vraiment vu lundi passer finalement. Il était grand temps d'aller se coucher. J'allais de toute façon pouvoir me reposer : la dernière garde ne débuterai pas avant vendredi soir. Presque trois jours de pause !

Garde 6 : Faire ou ne pas faire, telle est la question...


Avant cette dernière garde, de nuit, j'avais déjà un mauvais pressentiment. Ne me demandez pas pourquoi ; peut-être l'effet dernière journée, après d'autres qui se sont toutes bien, voire très bien passées. Ou la garde précédente, qui me laissait un peu déçu de moi-même. Ou les jours de repos, qui ont eu un effet de coupure. De toute façon, dans le lot, faut bien qu'il y ait une garde qui coince, non ? Arf, ça ne me surprendrait plus...

La nuit a commencé dans le calme. J'omettrai volontairement de vous parler dans le détail d'une histoire -dont je ne connais que la fin de toute façon- pour aller directement à la fin : j'ai pu me rendre un instant dans le service de Néonatalogie pour y conduire une maman. J'ai eu le temps de voir que certains bébés dont je m'étais occupé deux semaines plus tôt étaient toujours présents dans le service. Ça m'a fait un peu de peine quand même, ça doit être difficile pour eux de rester si longtemps hospitalisés...

Autrement, il ne s'est rien passé jusqu'à minuit, minuit et demi. Puis une patiente est arrivée et là, c'était le merdier. En même temps, une patiente qui arrive pour métrorragie (saignements utérins), chez laquelle on soupçonne un hématome rétro-placentaire (en gros, un décollement du placenta) ce qui pourrait amener directement à la décision de pratiquer une césarienne.. ben ça n'a rien de très amusant. Surtout quand le gros du saignement se fait aux urgences et laisse une flaque dans la salle d'examen !

Toutes les sages-femmes étaient là pour installer la patiente au plus vite. Et devinez qui était l'étudiant un peu perdu au milieu de toute cette agitation ? Beh oui, c'est moi, lol. J'ai fait ce que j'ai pu pour faire ce que je pouvais faire, mais dans ces situations-là, je ne suis pas encore suffisamment expérimenté pour prendre des initiatives. Honnêtement, si j'arrive à ne pas gêner, à mon niveau, je pense encore que c'est déjà pas mal. Pour le reste, trois ou quatre sages-femmes, une interne et un médecin, ça doit être bien assez.

Après observation, il s'est avéré que la situation demeurait stable. L'éventualité d'une césarienne était moins envisagée. Le rythme du bébé était satisfaisant, les constantes de la mère également... Du sang oui, mais a priori pas d'hémorragie. Les autres sages-femmes se sont progressivement retirées puis l'obstétricien à son tour, nous laissant la sage-femme et moi surveiller la suite du travail.

Une petite péridurale ? Allez, va pour une petite péri. Une première fois. Puis finalement une deuxième, parce que la première ne fait pas effet. La sage-femme me demande ensuite de faire une prise de sang. « Tu sais faire ? » me demande-t-elle. Bien sûr que oui. Elle quitte la salle pendant que je sors tout le matériel nécessaire, mais les anesthésistes sont encore en train de prendre les constantes de la patiente après la pose de la seconde péridurale. Toutes les trois minutes donc, le brassard à tension est utilisé : impossible de piquer la patiente. J'attends donc dix minutes que les anesthésistes aient leurs mesures et je fais ma prise de sang. Une veine pas bien épaisse, bon, je pique, ça marche, c'est parfait, je termine, je fais un pansement à la patiente et la sage-femme revient. « Tu t'en sors Flavio ? » Impeccable, oui, j'ai fini !
Nous sortons et la sage-femme me dit qu'un quart d'heure pour une prise de sang, c'est un petit peu long. Je rappelle que j'ai dû attendre que ce soit bon pour les anesthésistes. Elle comprend.

Le reste de la nuit, nous suivrons le travail de la patiente. Je réaliserai de nouveau un partogramme, complété grâce aux examens que la patiente me laisse pratiquer et que la sage-femme m'apprend à préciser.

Le rythme de la dilatation demeura normal, un centimètre par heure. Seul le rythme cardiaque du bébé demeurera régulièrement inquiétant au cours de la nuit, en raison de ralentissements. Je suis passé plusieurs fois voir la patiente pour la changer de position et tenter d'y remédier, mais sans grands résultats.
L'interne fût finalement appelée pour ces ralentissements, mais elle ne constata rien d'anormal. Il était pas loin de 7h du matin. Le col de la patiente s'est ouvert très rapidement. D'un centimètre toutes les heures, nous étions passés à deux, puis trois centimètres en vingt minutes. Ça se rapprochait. Mais à moins d'une heure de la fin de la garde, ce n'est pas la situation idéale. C'est toujours l'angoisse : on espère tout, sauf que les patientes accouchent dix minutes avant l'arrivée de l'équipe suivante...

Sauf que la patiente a appelé à 7h45. J'y suis allé. Elle sentait vraiment son bébé appuyer. J'ai mis des gants et j'ai examiné. Effectivement, le bébé était descendu. Aïe. Je suis allé prévenir la sage-femme... qui m'en a voulu.
Et oui. Je n'aurais pas examiner la dame quelques minutes avant la fin de la garde sous prétexte que maintenant qu'on savait que le bébé était sur le point de naître, ça ne se faisait pas de laisser la patiente en l'état à la sage-femme suivante. Je veux bien, mais bon... Je n'allais quand même pas m'excuser de l'avoir fait : on ne serait allé examiner la patiente qu'une demi-heure plus tard peut-être et en une demi-heure, le bébé avait peut-être le temps de sortir...

Surtout que, quelques minutes plus tard, après avoir finalement passé le relai à la sage-femme de jour, devinez ce qui m'a été reproché ? Ne pas prendre assez d'initiatives. Évidemment : on ne me l'avait pas encore faite au cours des gardes précédentes, mais c'est nécessairement le jour où j'en prends une (ici, examiner une patiente, au cas où) qu'on me reproche d'une, de l'avoir prise, de deux, de ne pas en prendre. Ça m'a laissé un peu consterné.

Oh puis j'ai eu droit à une petite remarque écrite dans mon rapport, sur mon manque de rapidité dans les gestes infirmiers simples, id est la prise de sang que j'ai dû repousser de dix minutes à cause des anesthésistes. Elle aurait été faite en un temps record et dans le respect total des règles d'asepsie sans ça ; rien à voir avec ma technique, mon organisation, ni même ma rapidité. J'ai donc trouvé ça un peu nul de me le noter...

Mais c'était fini ! Fin de garde. Et à part ces petites histoires de rien du tout, j'ai trouvé l'ensemble du stage excellent.

Nous avons quitté le service avec mes camarades, avant de nous changer à l'école de sages-femmes et d'aller manger un croissant à la boulangerie la plus proche. Histoire de bien fêter ça, aussi raisonnablement que ça peut se faire vers 9h du matin !

Conclusion


En conclusion, je pense qu'on peut quand même dire que ce stage s'est bien passé. Voire très bien passé : ce n'était quand même que le premier et manifestement, je n'ai quand même pas gaffé trop souvent !

J'ai en tout cas pu apprendre plein de choses et mettre en pratique de nombreux enseignements, que ce soit les cours théoriques reçus en début d'année, ou l'expérience acquise au cours de mes stages précédents. Évidemment, je ne me targue pas d'être irréprochable car j'ai encore des points faibles dans mon organisation ou dans ma rapidité, mais j'ai la sensation de progresser. On me reproche ce genre de choses moins souvent en tout cas.
Je profiterai de mes prochains stages en salles de naissance pour m'améliorer encore et devenir de plus en plus efficace et autonome -du moins, autant que peut l'être un étudiant de troisième année !


Voilà pour ce stage. J'espère ne pas avoir été trop long et que vous avez pu apprécier cet article. Si vous avez des questions ou des remarques, n'hésitez pas à les laisser ci-dessous, dans les commentaires ; je me ferai un plaisir d'y répondre ! :)
Pour le reste, on se donne rendez-vous le dimanche 1er Novembre pour le bilan mensuel. En espérant que je tienne ce délai !

À la prochaine !

Mots clés : #stage, #DFGSMa3, #accouchement, #sage-femme, #maternité, #bébé, #naissance

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