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Stages SDN et Libéral : résumés

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[Stages] publié le 16/04/2018 à 23h25
« C'est Flavio, il est étudiant sage-femme, plus tard il fera comme moi ! » - Une sage-femme

La Quatrième année des études de sage-femme que je poursuis avance petit à petit, de stage en stage et chacun d'eux rythme, parfois à grands intervalles, la publication des billets de ce blog. Deux moi,s c'est long ; c'est vrai qu'il s'en passe des choses. Mais deux mois, ça passe vite aussi.

Assez de philosopher si inutilement sur l'eau qui coule et le temps qui passe, je vous invite à lire cet article qui est peut-être un peu plus intéressant.

Bonjour à tous !

Plus de deux mois se sont écoulés depuis le dernier billet : j'avais dit à la fin du précédent que je ferai au mieux pour éviter que cela se reproduise.. et manifestement, j'ai échoué ! Toujours une question de temps, principalement. Enfin, il vaut mieux un seul article auquel je décide de me consacrer entièrement que deux ou trois articles bancales ; ce qui compte, c'est le contenu.

Nous nous étions laissés en plein hiver, la veille de mon premier stage en salles de naissance de cette année 2017/2018. J'ai donc ceci à vous raconter, ainsi qu'une douloureuse mésaventure survenue sur cette période. Je poursuivrai ensuite avec le super stage que j'ai pu faire chez une sage-femme libérale au mois de Mars, et je terminerai en disant quelques mots de ces trois dernières semaines de cours qui ont été plutôt chargées.

Enfin dans l'ensemble, tout va bien !

Salles de naissance : des accouchements mémorables


Après différents stages, aux urgences, en consultations, en Centre de Planification et d'Éducation Familiale, en Grossesses à risque et en Suites de couches, j'ai enfin pu retourner en Salles de naissance. Ça peut vous paraître un comble pour un étudiant sage-femme de ne pas être en permanence en train de faire des accouchements, mais la réalité est là : être sage-femme, ce n'est pas que faire des accouchements. On en fait des tas d'autres choses -et d'ailleurs, je n'ai pas encore tout vu ! Accoucheur, ce n'est qu'une facette de ce métier.

Enfin des accouchements, il faut bien en faire, heureusement, et mieux encore : il faut bien les faire. Malgré l'intervalle de temps assez important entre mon dernier stage en Troisième année, les réflexes sont revenus assez vite : ce sont des choses qui sont bien intégrées. Je le dis assez souvent : c'est en partie grâce à mon année de redoublement qu'elles le sont autant. Si cette année a servi à quelque chose, c'est au niveau des stages que ça se ressent le plus.

Ces trois semaines de stage ont été l'occasion de faire des accouchements plutôt intéressants dans leur déroulement : plusieurs accouchements dits physiologiques, sans péridurale, ou dans des positions autres que la position gynécologique, que l'on voit le plus souvent : sur le côté dans un silence quasi complet, à quatre pattes avec des efforts longuement prolongés et même, par terre, à genoux, sans prévenir, sans le temps suffisant pour mettre des gants ! Moins réjouissant, un accouchement d'un enfant mort in-utero. Autant de situations peu communes qui nécessitent que l'on s'adapte, ou dans les gestes ou dans l'attitude, sans que tout cela s'apprenne uniquement dans les livres.

Des situations qui laissent des souvenirs assez forts. C'est peut-être pour ces situations que les stages en salles de naissance sont les plus attendus. Il y a de belles histoires, et de moins belles histoires, mais même dans ces moins belles histoires, il y a parfois quelques jolis instants. Je regrette de ne pas pouvoir vous les raconter ici.

Aux urgences.. en tenue de bloc !


Il est aussi des situations auxquelles on ne s'attend pas, même en salles de naissance. Je pense à ce soir de Février : je m'apprêtais à partir en garde de nuit. 18h30, il neige dehors, je prépare mon thermos de café. Ma bouilloire est prête, je la verse d'une main, le thermos chancelle et tombe, j'ai le malheureux réflexe de chercher à le retenir de mon autre main et dans le mouvement, continue de verser mon eau bouillante.. sur ma main. Pour le dire sobrement : aïe. Pour le dire moins sobrement : AH MAIS PUTAIN MAIS QUEL CON DE MERDE RAAAAH. Jurer aide à diminuer la douleur, ne nous en privons pas. Vite, je passe ma main sous l'eau froide et laisse couler le plus longtemps possible. Enfin il faut que je parte en garde quand même. Alors je quitte mon robinet, la douleur revient aussi sec, mais il fait un froid glacial dehors, ça m'anesthésie la main : ce n'est pas idéal mais ça va. Je monte dans le tram, c'est l'enfer à nouveau, comme si ma main prenait feu spontanément. Je sors du tram et continue mon chemin dans la neige. J'arrive au CHU, je me change tant bien que mal en gardant autant que possible la main sous l'eau, mais rien n'y fait, malgré de longues minutes la main sous le robinet, la douleur ne s'estompe pas. Je pars en garde, j'ai mal, mais bien obligé. Pour abréger la suite de cette histoire : je n'ai pas tenu plus d'une demi-heure dans cet état, je ne pouvais pas quitter les robinets. La cadre est prévenue et m'autorise à quitter la garde pour me rendre aux urgences.

Et c'est là que ça devient marrant : il vous faut m'imaginer en blouse d'hôpital, manches courtes, et en pyjama de bloc, sous la neige, me rendant aux urgences avec ma main qui me donne l'impression de se consumer elle-même. 21h, j'arrive aux urgences, j'explique ma situation, pourquoi je suis en tenue de bloc, que je me présente bien en patient malgré celle-ci, que j'ai follement mal. L'hôtesse d'accueil comprend et m'invite rapidement à remettre ma main sous l'eau.. sous un robinet qui ne sort que de l'eau chaude. Je préviens, on m'invite plus loin, vers un robinet au milieu des blocs d'accueil des urgences, et je tâche d’apaiser ma douleur. Y a de l'activité, des gens qui passent ; un monsieur qui attend un plâtre pour son poignet, une dame sur un lit qui a mal au ventre, etc. J'attends donc, et tant que je suis sous l'eau, ça va. Ça pique, mais c'est supportable. Le temps passe. L'interne vient me voir, me demande pourquoi je suis là, mon nom, les infos utiles quoi, et dit revenir vers moi. Le temps passe. Une heure, une heure et demi. Des infirmières me demandent si j'ai bientôt fini mes tests.

Mes tests ? Ah mais non, je ne teste pas les robinets, je ne suis pas plombier, je suis là parce que je me suis brûlé !! Je comprends très vite que 1. L'on n'est pas prêt de s'occuper de moi si on croit que je suis là pour les tuyaux 2. N'importe qui avec une blouse dans un hôpital ne sera jamais interrogé sur sa présence dans un service. Ça fait réfléchir.

Il est plus de 23h, je suis toujours à attendre sous l'eau. L'interne revient et me dit : « Mais en fait, personne ne s'est occupé de vous ? On vous a cherché tout à l'heure en salle d'attente, vous n'y étiez pas, on a cru que vous aviez fugué. » C'est la meilleure. Ben non, je n'ai pas bougé de mon robinet, auquel on m'a conduit. « Venez, l'infirmière va s'occuper de vous. »

Je lâche donc mon robinet après avoir fait couler l'équivalent d'une piscine municipale sur ma main, en me disant qu'après tant de temps, la douleur s'est sans doute estompée. L'infirmière m'interroge, me prend la tension (15/10, c'est un peu haut), note tout dans un dossier qu'elle me confie et m'invite à passer en salle d'attente. Nouveau moment de gêne quand je dois expliquer aux patients réunis le pourquoi de ma blouse..!

Et soudainement, la douleur revient, toujours aussi intense. J'écris donc sur mon dossier "Je suis de nouveau sous le robinet", je le donne à la patiente à côté de moi et file sous l'eau.

Pour abréger la fin de cette histoire en quelques mots : l'interne est revenu, m'a examiné, m'a prescrit des antalgiques et signé l'arrêt de travail, une infirmière m'a bandé la main avec un badigeon de crème antibiotique et j'ai pu enfin quitter le service, passé minuit. La main emmitouflée. Trop emmitouflée. Impossible à présent de mettre ma main sous l'eau, j'avais chaud sous ce bandage. Je suis retourné au vestiaire, je me suis changé avec beaucoup de difficulté et je suis rentré chez moi à pied, toujours dans le froid et sous la neige, entre 2 et 3h du matin. À bout.

Moralité : l'eau bouillante, ça brûle. Je vous remercie.

Avec une sage-femme libérale sur les routes de Sarthe


Retour au Mans, avec une main refaite à la peau toute neuve 100% naturelle, pour ce second stage dont je dois vous parler.

Sans doute un de ces stages que je garderai en mémoire longtemps, très longtemps ! Il me parait peu opportun d'en dire beaucoup sur ce stage, mais il s'est très bien passé. J'ai appris de nombreuses choses auprès de la sage-femme qui a accepté de me faire découvrir son exercice dans son cabinet et lors des visites à domicile qu'elle rend à ses patientes. J'ai aussi eu beaucoup de chance de tomber sur une sage-femme si sympa, drôle aussi, nous nous sommes souvent trouvés littéralement morts de rire pour des bêtises ou des situations amusantes. Des rires parfois partagés avec ses patientes, qui lui sont parfois très liées. C'est cette proximité particulièrement prononcée parfois qui m'a le plus intrigué au début, mais que j'ai appris à gérer à mon tour. C'est bête à dire, mais le tutoiement par exemple, qu'on ne se permettrait pas à l'hôpital, après tout, pourquoi pas en libéral, quand cela n'est pas inapproprié ?

Nous avons également discuté à plusieurs reprises de l'importance de travailler en réseau : ce n'est parce que l'on est parfois dans la solitude de son cabinet que l'on doit se priver d'avoir des collègues à l'extérieur sur lesquels s'appuyer (et les appuyer en retour) si besoin : pharmaciens, gynéco, pédiatres, médecins généralistes, etc. Il faut avoir un répertoire un minimum rempli, c'est toujours utile, tant pour soi, que pour mieux accompagner ses patientes. Et c'est sans doute l'aspect le plus difficile quand on s'installe en libéral, bien plus que l'exercice en soi, qui n'a finalement rien de différent de ce que j'ai appris à l'hôpital. Les consultations se déroulent de la même façon, les gestes sont les mêmes, les exigences sont les mêmes, les patientes, aussi, sont les mêmes…

Je parlais de répertoire : j'ai aussi découvert que la gestion des rendez-vous, ça marche très bien par SMS ! Moi qui avais un peu peur de l'exercice libéral depuis qu'une sage-femme était venue nous présenter le métier en nous disant que chaque jour, elle passait un temps improbable à écouter son répondeur, j'ai été rassuré de voir que les SMS, ça fonctionnait tout aussi bien ! Je le dis comme une blague, mais c'était un grand point d'inquiétude. La sage-femme libérale ne travaillait d'ailleurs pas avec un système informatique important : son téléphone.. et c'est tout. La tablette pour la carte vitale. Mais pas de dossier, d'ordinateur, tout sur papier. Et j'ai trouvé ça très bien ! Je pense même que ça a été plus formateur de cette façon : je pouvais rédiger les ordonnances, les notes dans les dossiers… Est-ce que ça prend plus de temps manuellement que sur informatique ? Pas sûr.

Au cabinet, j'ai vu de tout : du suivi prénatal, de la préparation à l'accouchement, de l'hypnose, de la gynécologie, de la rééducation périnéale... À domicile, diverses situations familiales et sociales, que l'on découvre dans le contexte particulier qu'est l'arrivée d'un nouvel enfant dans le foyer. C'était très intéressant.

Je terminerai en disant que ce stage m'a vraiment ouvert les yeux sur cette possibilité d'exercer en libéral. C'est quelque chose que je n'envisageais pas particulièrement. Mais après tout, pourquoi pas ? Je me suis senti à l'aise et il y a de nombreux aspects qui pourraient me faire préférer ce mode d'exercice à l'exercice hospitalier. J'y viendrai sans doute un jour en tout cas. Peut-être pas immédiatement dès la sortie de l'école, histoire d'acquérir encore de l'expérience avant de m'installer -et un peu de sous aussi, pour me permettre de le faire…

Un grand merci à cette sage-femme, qui m'aura accueilli avec une immense gentillesse et une infinie bienveillance. Je garderai de nombreux souvenirs de ce stage, de ce passage de l'hiver au printemps 2018.

Des cours et des examens


Après un stage idyllique, il a malheureusement fallu retourner en cours pour trois semaines. Et quelles semaines. Des épreuves, des cours, des épreuves, des cours, des épreuves.

Oh des cours sympathiques, somme toute : de la Pédiatrie, de la Gynécologie, de la Sexologie aussi. Et des cours sympathiques, mais qui nous ont rappelés à tous que l'école, il n'y en avait plus pour très longtemps : comment préparer un C.V., comment écrire une lettre de motivation… Plus qu'un an quoi. Et un mémoire à préparer. Je vais m'y remettre dans les tous prochains jours.

Ces prochaines semaines…


Après ces longues semaines de cours, un peu de vacan.. ah non. Pas de vacances.

Oh. Un peu quand même ! Enfin, non. Mais un peu

Je suis de retour en stage, dès demain, mais ni à Angers, ni au Mans. Je suis de retour aux Sables d'Olonne pour trois semaines, présent cette fois en salles de naissances. Le CH des Sables comprend une maternité bien plus petite que celle du CHU d'Angers, évidemment, elle n'a pas pour but d'accueillir toutes les patientes -seulement celles dont la grossesse se passe bien et se poursuit à terme- mais ce sont sûrement des contraintes différentes, autres que la pathologie déjà diagnostiquée, que je serai amené à découvrir. Hâte de voir ce que cela va donner !

Minute nostalgie : vous vous souvenez tous que c'est aux Sables d'Olonne que j'ai réalisé mon premier stage infirmier, après deux ans de PACES. C'était il y a presque quatre ans. Un stage que j'avais raconté avec force détails, au rythme d'un article par semaine. Comment arrivais-je à l'époque, à tenir ce rythme ? Bonne question, mais je devrais le retrouver pour redonner vie à ce blog ! Tout ça pour dire que le temps semble passer vite ; ce premier stage est à la fois hier et à la fois si loin. Remarquez, j'ai des instants nostalgie pour tout et n'importe quoi aux Sables d'Olonne : c'est ici que j'y ai développé le blog et plus loin encore, c'est ici, en CP, que j'ai fait mon premier voyage scolaire et même de ça, je m'en souviens.

C'est surtout l'occasion pour moi de créer une coupure dans mon année. Je parlais de vacances ; ce n'est pas le cas, car au-delà du stage en lui-même, il serait de bon ton que je révise et que j'avance un peu sur la préparation de mon mémoire. Mais ce changement d'air, au bord de la mer et au soleil me fera le plus grand bien, c'est une certitude.

Je ne pense pas raconter le déroulement de ce stage aux Sables d'Olonne dans le grand détail, comme je l'avais fait autrefois, mais je vous en ferai évidemment un résumé pour vous livrer mes impressions et ce que cela m'aura apporté. N'oubliez pas de me suivre sur instagram pour les photos !

Conclusion


Voilà pour cet article, que j'aurais évidemment dû publier plus tôt, c'est vrai.

Je profiterai également de ces quelques semaines aux Sables pour apporter un petit coup de plumeau au blog. Je tâcherai de mettre à jour les éléments qui en ont besoin et éventuellement, d'y ajouter des éléments si cela est pertinent. Cela me motivera à écrire plus régulièrement !

L'espace Commentaires en dessous de cet article est fait pour vous, si vous avez des questions, des remarques, des choses à dire ou à partager. Profitez-en !

Et d'ici à la prochaine fois, portez-vous bien ! Ciao !

Mots clés : #stage, #M1, #sables d'olonne, #salles de naissance, #sfl, #libéral, #sage-femme, #accouchement

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